Communiqué France Police : Dans l’affaire Théo, la clameur publique ne doit pas se substituer à la justice

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Pour l’ensemble de la classe politique et médiatique, il n’y a aucun doute ; Théo a bien été violé par un policier.

France Police regrette l’absence de droit à la présomption d’innocence pour les policiers mis en cause dans cette affaire.

Bien que France Police n’ait pas accès au dossier, il ressort des actes d’enquête rendus publics pour l’heure que les éléments constitutifs du viol ne semblent pas être réunis.

L’élément moral à savoir la conscience et la volonté de commettre un acte de pénétration sexuelle sur autrui est manifestement absent.

L’usage de la force par les policiers était-il disproportionné ? C’est à l’enquête et au procès pénal de répondre.

Théo a-t-il était violé ? Là encore, c’est à la justice de répondre mais il semble utile de rappeler la position du Parquet ayant considéré que les faits de viol n’étaient pas constitués.

Mais comme trop souvent, les petits procureurs du tube cathodique ou du net ont déjà rendu leur verdict en lieu et place de la justice professionnelle.

Les policiers sont formés pour maîtriser des individus récalcitrants sans leur occasionner de préjudice physique. Mais l’usage de la force peut toujours, malgré toutes les précautions prises, entraîner des blessures.

Chaque jour, des dizaines d’individus se rebellent au cours des centaines voire des milliers d’interpellations quotidiennes. Ces faits se traduisent le plus généralement par des blessures légères occasionnées aussi bien aux policiers qu’aux mis en cause.

Toutefois, en fonction des circonstances, une personne peut malheureusement être blessée plus sérieusement lors de son interpellation tout comme le policier d’ailleurs.

Parmi les éléments déterminants, entrent en ligne de compte :

– La force de résistance réellement opposée par le mis en cause et sa volonté de blesser les policiers interpellateurs.

– L’environnement : un contexte hostile qui nécessite de s’extraire rapidement avec l’interpellé du lieu d’intervention par exemple.

– Les conditions d’intervention : une visibilité réduite de nuit, dans un lieu sombre ou lorsque les fonctionnaires ont été atteints par des projections de lacrymogène.

– Enfin, le niveau de maîtrise réel des gestes professionnels du fonctionnaire intervenant. Si tous les policiers doivent avoir un niveau minimum de maîtrise des gestes d’intervention en sortie de formation, certains sont meilleurs que d’autres comme dans toutes les professions. Certains pilotes d’aéronefs ou certains chirurgiens sont meilleurs que d’autres.

Aucun policier ne se rend au travail le matin avec l’envie de blesser des personnes. Les blessures occasionnées à Théo, si elles ont bien été causées par notre collègue lors de l’interpellation, sont déplorables et regrettables.

Le respect absolu des personnes, y compris celles interpellées pour des crimes ou des délits, est au coeur même de notre mission de police et c’est là tout notre honneur.

France Police souhaite naturellement un bon rétablissement à Théo.

Toutefois, ce n’est pas à la clameur publique de se substituer à la justice dans notre pays.

L’ITT de 60 jours prescrite à Théo est semble-t-il la conséquence de sa blessure anale.

S’il est bien avéré que cette blessure a été causée de manière involontaire alors que Théo opposait une forte résistance à son interpellation, la réalité des faits sera bien loin de la description apocalyptique relayée auprès de l’opinion publique.

Théo a appelé à faire confiance à la justice. Nous lançons le même appel et demandons le respect de la présomption d’innocence.

Les blessures constatées sur Théo sont incontestables. La présence de traces biologiques sur le bâton de défense permettra d’affirmer ou d’infirmer qu’il s’agit bien de l’arme par destination ayant occasionné les lésions sur le jeune homme.

L’analyse des images de vidéoprotection, les témoignages, les auditions et confrontations permettront la manifestation de la vérité.

France Police est très attaché à l’image de notre institution et à l’exercice de nos missions dans le cadre légal. Mais nous refusons le lynchage médiatique de nos collègues qui, jusqu’à preuve du contraire, doivent être présumés innocents des faits pour lesquels ils sont mis en examen et notamment du crime de viol.

Chaque année des millions de passagers embarquent dans des avions. La quasi-totalité des vols arrivent à bon port sans incident. Exceptionnellement, certains vols se crashent. Les causes sont multiples ; défaillance mécanique, erreur humaine involontaire ou encore crash volontaire du pilote comme pour le vol de la Germanwings.

Pareillement, chaque année, des dizaines de milliers de personnes sont interpellées sans incident. Exceptionnellement, une interpellation peut dégénérer comme dans l’affaire Théo. Ce n’est pas pour autant qu’il faut remettre en cause toute l’action de la police ou perdre confiance dans la force publique.

Au quotidien, les policiers font leur maximum avec peu de moyens et dans un contexte hostile pour rendre un service public de qualité à tous les citoyens dans le respect de la déontologie.