Des policiers de la préfecture de police de Paris font état de consignes leur interdisant de s’engager dans des courses-poursuites, jugées trop risquées

course poursuite

RTL pense tenir un scoop ! Comme le « révèle » aujourd’hui la station de radio, des policiers de la préfecture de police de Paris font état de consignes leur interdisant de s’engager dans des courses-poursuites, jugées trop risquées.

Désolé pour les journalistes de RTL mais cette « consigne » n’est pas nouvelle et concerne l’ensemble des fonctionnaires de police sur tout le territoire national.

La plupart des directeurs départementaux et hauts fonctionnaires de la police nationale n’ont qu’une obsession : leur carrière. Et pour faire carrière, il ne faut surtout pas faire de vague.

Les Centres d’Information et de Commandement (CIC) ordonnent systématiquement par radio, l’arrêt des chasses dès qu’ils en ont connaissance.

Tantôt, certains collègues n’avisent pas immédiatement le CIC lorsqu’ils prennent en chasse un fuyard pour ne pas se faire stopper la mission.

Tantôt, des collègues jouent sur la sémantique dans leur communication radio avec le CIC, remplaçant l’expression « prenons en chasse un fuyard » par « suivons prudemment à distance un véhicule suite à refus d’obtempérer ».

Dans tous les cas, les collègues ont les plus grandes difficultés pour exercer leur métier face à une hiérarchie policière très frileuse et à une justice qui sait se montrer impitoyable envers les policiers alors qu’elle est généralement plutôt laxiste vis-à-vis des délinquants.

Un véhicule de police qui prend en chasse un fuyard c’est toujours, par définition, risqué.
Risqué pour les autres usagers de la route et notamment les piétons pouvant être percutés par le véhicule du fuyard.

Risqué pour les collègues sur le plan physique (risque d’accident) et risqué sur le plan juridique (la responsabilité pénale du policier peut être engagée en cas d’accident corporel ou mortel).

Risqué enfin, pour les fuyards eux-mêmes en cas d’accident.

La société considère que le jeu n’en vaut pas la chandelle et qu’il vaut mieux laisser délinquants et criminels s’enfuir plutôt que de prendre le risque d’une course-poursuite.

C’est là un choix purement politique, peu glorieux, difficile à comprendre pour nos collègues dans le feu de l’action lorsqu’ils agissent en flagrant délit.

Le rôle de la police n’est-il pas d’interpeller les auteurs d’infractions pénales ? Pas à n’importe quel prix répondront les donneurs d’ordres pour se couvrir..