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Brest, 3 policiers attaqués à l’arme blanche: deux policiers gravement blessés, un plus légèrement.
Ce week-end à Brest, trois de nos collègues policiers ont été grièvement blessés à l’arme blanche. Une fois encore, ce sont des femmes et des hommes en uniforme qui ont payé le prix fort, agressés par un individu alcoolisé, accompagné d’un second homme.
Dans la nuit de vendredi à samedi, un individu armé d’un couteau menaçait les clients d’un café. À l’arrivée des forces de l’ordre, il prenait la fuite en direction d’un secteur très fréquenté, au cœur d’une foule nombreuse, dans le bas de la rue de Siam. L’individu, particulièrement agité et déterminé, faisait face aux policiers en brandissant son arme et en les menaçant directement avant de courir vers eux. Malgré l’usage de gaz lacrymogène pour tenter de le neutraliser, celui-ci parvenait à poursuivre sa fuite.
Quelques instants plus tard, lors de son interpellation, l’agresseur portait plusieurs coups de couteau. L’un de nos collègues était grièvement blessé, à quelques centimètres d’une artère vitale. Un second policier était touché au visage, tandis qu’un troisième était blessé plus légèrement. Les deux individus mis en cause, ressortissants afghans, ont été placés en garde à vue. Une enquête est en cours.
Ces faits dramatiques illustrent, une fois de plus, l’impasse dans laquelle sont placés les policiers et les gendarmes par un cadre légal inadapté. La légitime défense, le Code de la sécurité intérieure, sont trop flous, trop restrictifs et trop souvent interprétés a posteriori par des magistrats éloignés de la réalité du terrain. Ce flou juridique met directement en danger celles et ceux qui assurent la sécurité de nos concitoyens.
Face à un danger imminent, les agents se retrouvent confrontés à un choix impossible : neutraliser un individu armé, déterminé et dangereux, au risque de voir leur action remise en cause judiciairement, ou hésiter, reculer, et mettre en péril leur propre vie ainsi que celle des passants. Cette situation est inacceptable.
Notre position est sans ambiguïté : toute vie est précieuse et doit être protégée. Mais la vie d’un policier ou d’un gendarme ne vaut pas moins que celle d’un individu qui menace gravement leur intégrité physique ou celle de personnes innocentes. Lorsqu’un agent fait face à un individu armé d’un couteau, d’une arme à feu ou utilisant un véhicule comme arme, il doit pouvoir agir sans craindre, après coup, d’être traité comme un suspect.
Au même titre que pour les refus d’obtempérer, il est urgent de revoir le cadre légal de l’usage de la force. Les forces de l’ordre ont besoin de règles claires, protectrices et adaptées à la violence du terrain. Il en va de leur sécurité, de leur engagement et, au final, de la sécurité de l’ensemble de la population.
« Chaque année, ce sont des dizaines de milliers de policiers et de gendarmes qui sont blessés en service.
En 2023, plus de 15 000 policiers ont été blessés, dont plus de 5 400 lors d’agressions violentes, et près de 3 000 gendarmes ont été blessés par des violences physiques. En 2024, ce chiffre atteint un niveau inédit avec 10 000 gendarmes blessés, dont plus de la moitié en mission. Derrière ces chiffres, ce sont des femmes et des hommes marqués à vie, mutilés, parfois handicapés, pendant que l’État continue d’exposer ses forces de l’ordre à une violence croissante sans cadre juridique réellement protecteur. »