La barre symbolique des 50 suicides au sein de la police nationale vient d’être officiellement franchie : un collègue de 45 ans a mis fin à ses jours aujourd’hui avec son arme de service au poste de police de Louvroil à côté de Maubeuge

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Preuve que les mesurettes prises par le gouvernement pour lutter contre les suicides des fonctionnaires de la police nationale sont inefficaces, le rythme infernal d’un suicide tous les cinq jours se poursuit inlassablement.

Barbecues conviviaux, numéro vert.. Autant d’écrans de fumée pour masquer l’incurie des politiciens à protéger la vie de ses agents publics, considérés comme de la simple chair à canon..

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes.. A chaque problème rencontré, le gouvernement ouvre une petite ligne téléphonique..

« Stop Djihadisme » 0 800 005 696..

« Violences sexistes » 39 19..

« Actes racistes » 08 842 846 37..

« Homophobie et transphobie » 0 810 20 30 40..

« Non au harcèlement » 30 20..

« Numéro vert policiers suicidaires » (numéro d’ailleurs introuvable sur internet..)..

Plutôt que de s’attaquer aux causes réelles de tous ces problèmes, il est tellement plus simple d’ouvrir une hotline et de shooter les victimes vers un standard téléphonique..

Et dire que les gens qui nous dirigent ont fait l’ENA..

Interview accordée par le syndicat France Police – Policiers en colère à Charles Demassieux, relativement à la mobilisation des forces de l’ordre prévue le 2 octobre prochain à Paris

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RL : Le 2 octobre prochain, à l’appel de l’ensemble des syndicats de police (dont le vôtre), tous les corps de policiers sont invités à une « Marche nationale de la colère » à Paris, dans le but d’attirer l’attention du gouvernement sur la lassitude et le désarroi qui a, notamment, provoqué le suicide de 50 policiers depuis le début de l’année 2019, le dernier en date étant un commissaire affecté à Cergy-Pontoise et retrouvé mort chez lui. Il était âgé de 47 ans.. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce rassemblement ?

Michel Thooris : Cette manifestation en intersyndicale est historique. Jamais depuis 2001 nous n’avions réussi à réunir l’ensemble des principales organisations syndicales de police autour de revendications communes. C’est chose faire pour la journée du 2 octobre 2019. L’intersyndicale s’est unifiée autour de cinq revendications communes : l’amélioration de la qualité de vie au travail, une véritable politique sociale pour les agents du ministère de l’Intérieur (transport, logement, restauration, garde d’enfants, mutuelles, etc.), une réponse pénale réelle, efficace et dissuasive, la défense de nos retraites et une loi de programmation ambitieuse pour un service public de qualité.

RL : Si vous et vos collègues n’êtes pas entendus, quelles autres formes de protestation envisagez-vous ?

Michel Thooris : Pour l’instant, on souhaite avancer étape par étape. Nous avons réussi à nous mettre d’accord tous ensemble pour la Marche de la colère du 2 octobre. Le risque majeur, après cette date, c’est la division entre les organisations syndicales et que certaines vendent les collègues pour un plat de lentilles en signant des accords non négociés en intersyndicale avec le ministère de l’Intérieur dans notre dos. En 2001, le SNPT (Syndicat national des policiers en tenue) avait signé un accord unilatéralement avec le ministère de l’Intérieur, sans l’aval de l’intersyndicale. Cela dit, l’accord de 2001 n’était pas mauvais mais nous aurions sans doute pu obtenir plus encore en maintenant la pression sur le gouvernement. En intersyndicale, la balle n’est pas seulement dans notre camp. Si les négociations avec le gouvernement s’annoncent âpres, maintenir l’unité et se respecter entre nous, organisations syndicales, va être aussi un défi majeur à relever. Les années de guerre interne entre les organisations syndicales de police ont forcément laissé des traces et la méfiance est aujourd’hui de mise. Résister à la tentation de signer un accord mal négocié pour tirer la couverture à soi, c’est cela que doit nous enseigner l’histoire.

RL : On dit çà et là que la fatigue des forces de l’ordre serait due au mouvement des Gilets jaunes. Mais, si l’on veut bien se donner la peine de regarder les faits, la violence quotidienne dans les quartiers désignés comme difficiles (autant dire invivables !) ; la menace terroriste qui frappe partout et jusque dans les foyers des policiers (voir l’abominable assassinat d’un couple de policiers en 2016, à Magnanville, dans les Yvelines) ; la pression exercée tant par la hiérarchie que la justice, le mal vient de beaucoup plus loin. Qu’en pensez-vous ?

Michel Thooris : L’épuisement des forces de l’ordre est multifactoriel. Je définirais deux causes principales : la surcharge de nos services liée aux multirécidivistes bénéficiant d’un laxisme politico-judiciaire institutionnalisé et l’absurde politique du chiffre, privilégiant la quantité des affaires plutôt que leur qualité. Concernant les Gilets jaunes, ce qui a été épuisant pour nous ce ne sont pas tant les manifestations en elles-mêmes que leur gestion par l’autorité administrative où systématiquement un rapport de force a été imposé entre nous et les Gilets jaunes.

RL : Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, la gestion du maintien de l’ordre a beaucoup été décriée, parfois à juste titre. Et quand on sait que la plupart des dégradations et violences commises lors des manifestations ont été perpétrées en grande partie par des groupuscules d’ultra-gauche laissés libres de leurs gestes depuis des années, n’y aurait-il pas des consignes particulières visant ces extrémistes quand, dans le même temps, les formations patriotes sont véritablement harcelées par le pouvoir ?

Michel Thooris : Une certaine impunité de l’ultra-gauche n’est pas nouvelle. Le tropisme véhiculé par l’extrême-gauche a toujours été utilisé comme excuse à la commission de faits pourtant particulièrement graves allant jusqu’au terrorisme. Récemment, l’ancien chef du Renseignement français, Yves Bonnet, a reconnu avoir échangé l’impunité des auteurs de l’attentat de la rue des Rosiers, ayant fait six morts et vingt-deux blessés en août 1982 à Paris, contre un arrêt des actions terroristes sur le sol français. Lors des manifestations des Gilets jaunes, sur les milliers d’interpellations effectuées par nos collègues, proportionnellement, très peu de casseurs ont été arrêtés. Lorsque des procédures ont été diligentées en flagrance à l’encontre d’individus participant à un Black Bloc ou appartenant aux mouvances zadistes ou No border, casseurs infiltrés parmi les Gilets jaunes, généralement ces personnes ont bénéficié de décisions de justice plutôt clémentes.

RL : J’entends la détresse des Gilets jaunes blessés, et la justice devra faire son travail afin de déterminer les responsabilités.. toutes les responsabilités. Car il me semble inconcevable de sanctionner un simple policier et pas sa hiérarchie, qui donne tout de même les ordres. Cependant, j’avoue avoir eu des frissons de dégoût en entendant dans plusieurs manifestations : « Ne nous rejoignez pas, suicidez-vous ! » lorsque je criais plus volontiers, avec beaucoup d’autres Gilets jaunes, « Ne vous suicidez pas, rejoignez-nous ! » Sur le plan strictement humain, quel effet cela vous fait-il à vous, officier de police, engagé pour servir la France, ainsi qu’à vos collègues, dont certains sont Gilets jaunes dans l’âme, comme ils me l’ont confié, dont certains manifestaient à mes côtés ?

Michel Thooris : Les individus ayant proféré ces appels aux suicides de policiers ne sont pas des Gilets jaunes mais des agitateurs professionnels appartenant à la mouvance autonome anarchiste, à la mouvance pro-palestinienne ou à des groupes nationaux comme les zadistes ou transnationaux comme les No border. Il s’agit de manifestants professionnels et violents. Très honnêtement, ces violences verbales constituent une goutte d’eau dans la mer par rapport aux violences physiques et tentatives d’assassinat que les collègues subissent quotidiennement dans les banlieues françaises. La nouvelle attaque de policiers au mortier dans la cité de la Grande Borne, sur les communes de Viry-Châtillon et de Grigny il y a quelques jours, trois ans à peine après l’immolation de nos collègues dans un véhicule administratif en mission de protection d’une caméra de vidéosurveillance dans ce même quartier pour lutter contre le trafic de drogue, cela est bien plus grave que les slogans de quelques agitateurs d’extrême-gauche mais pourtant beaucoup moins médiatisé que les événements en liens avec les Gilets jaunes.

RL : David Le Bars, secrétaire général du syndicat national des commissaires de la police nationale (SCPN-Unsa) a déclaré : « Nous sommes à un tournant. Cette marche s’adresse à l’ensemble de la classe politique et d’abord à ceux qui sont aux manettes. » Précisément, les pouvoirs publics ne livreraient-ils pas les policiers et gendarmes un peu trop à eux-mêmes, fuyant ainsi leurs responsabilités ? Et lorsque David Le Bars évoque un « tournant », comment l’interprétez-vous ?

Michel Thooris : Qu’ils soient dans la majorité ou dans l’opposition, les politiciens instrumentalisent tous la Police nationale à des fins personnelles de politique politicienne. Le ministère de l’Intérieur est utilisé comme tremplin politique pour servir les carrières de ceux qui y passent. Notre maison a mené Sarkozy à l’Élysée et Valls à Matignon. Je ne peux pas me prononcer au nom de mon homologue du SCPN. Toutefois, avec déjà cinquante suicides de policiers depuis le 1er janvier, il est évident que la cocotte-minute va finir par exploser. Quelles formes peut prendre la contestation si la Marche du 2 octobre est ignorée par le gouvernement ? Il est trop tôt pour faire du syndicalisme-fiction mais il est certain que la contestation ne va pas s’éteindre spontanément.

RL : Des vidéos circulent actuellement sur les réseaux sociaux, tendant à démontrer que les interventions de police seraient injustes et violentes dans les cités. Là, il semble qu’il y ait une omerta, tant du côté des politiques que des médias, ces derniers préférant monter de toute pièce une supercherie comme la désormais célèbre affaire Théo (Théodore Luhaka de son vrai nom). Il serait peut-être bon de rappeler à qui vos collègues ont affaire dans ces situations, non ?

Michel Thooris : Nous écrivons régulièrement sur ces questions. Le problème aujourd’hui est le poids politique des dealers dans la vie des municipalités. Le chef d’un dangereux gang de narcotrafiquants utilisait des locaux municipaux à Bagnolet, en sa qualité d’employé municipal, comme plaque tournante pour son trafic de stupéfiants. Et le problème n’est pas nouveau. La condamnation de Sylvie Andrieux en Paca (Provence-Alpes-Côte d’Azur) pour le détournement de subventions régionales au profit, in fine, de caïds de cités, démontre parfois l’interpénétration entre la politique et le crime organisé. À chaque fois qu’on accuse la police de violences dans les banlieues, on la force à reculer, ce qui sert exclusivement les intérêts des dealers au détriment des intérêts de la population locale, prise en otage par ces mafias.

RL : Vendredi 13 septembre 2019, sur Radio Courtoisie, dans Le Libre journal de l’identité dirigé par Henri Dubost, vous avez évoqué l’exigence d’une « réponse pénale réelle, efficace et dissuasive ». Comment, en effet, les policiers vivent-ils ce laxisme judiciaire qui, chez certains individus rompus à la délinquance (lorsque ce n’est pas pire, comme la tentation terroriste), n’est ni plus ni moins qu’une incitation à commettre des délits ?

Michel Thooris : C’est en grande partie ce laxisme judiciaire qui entraîne la perte de sens de notre mission de police. Les collègues ont le sentiment de travailler pour rien puisque les procédures judiciaires diligentées n’entraînent aucune conséquence réelle pour les prévenus. Oui, si nos services sont saturés par les multirécidivistes, c’est en raison de l’impunité dont ils jouissent. Face à toujours plus de criminalité et des individus de plus en plus violents, quelles sont les réponses des progressistes ? L’interdiction de la fessée et la fameuse maxime : « La solution n’est pas l’incarcération. »

Trafic de drogues, violences conjugales, immigration : Notre-Dame des courants d’air fait du vent..

castaner schiappa

Marlène Schiappa a la prétention de lutter contre les féminicides alors que les progressistes refusent depuis 30 ans d’incarcérer les hommes qui frappent les femmes, la détention n’étant pas, selon eux, la solution..

De son côté, Christophe Castaner promet de faire la guerre aux narcotrafiquants tout en refusant de légaliser les drogues et pendant que ses services suspendent les policiers qui osent déranger les dealers dans les cités, comme il y a quelques jours à Sevran..

Le président Macron, quant à lui, promet de combattre l’immigration illégale tout en restant dans Schengen et les règles procédurales imposées par Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH), lois ayant dépénalisé la majorité des infractions à la législation sur les étrangers (ILE), rendant ainsi les pouvoirs publics totalement impuissants face aux clandestins..

L’objectif communication de la macronie ? Créer les conditions d’un duel face à Marine Le Pen au second tour de la présidentielle en 2022, combat d’où Brigitte et Emmanuel Macron sont absolument certains de ressortir grands vainqueurs, tant le RN est carbonisé..

Pendant que les partis politiques font un concours de bites pour savoir qui a la plus grosse, les policiers, eux, sont pris en otage de ces stratégies politiciennes fumeuses et les Français crèvent de l’insécurité..

Ne nous prendrait-on pas pour des cons ?

colline du crackcrack

Cinquantième suicide dans la police nationale depuis le 1er janvier 2019 : le commissaire de police Marc L.S. faisait l’objet d’une enquête IGPN en cours

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Notre syndicat France Police – Policiers en colère présente ses sincères condoléances à la famille et aux proches de ce fonctionnaire affecté à Cergy-Pontoise.

Pour ne pas porter atteinte au secret de l’instruction et à l’enquête en cours pour déterminer les causes exactes de sa mort, nous ne divulguerons pas les faits sur lesquels portait l’enquête IGPN.

Le décès de ce collègue va, de toutes les façons, entraîner l’extinction de l’action publique.

L’hécatombe subie actuellement par notre profession est insupportable. Rendez-vous à Paris dans la rue le 2 octobre pour imposer nos revendications et mettre fin à cette boucherie.

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Policier suspendu à Sevran par le préfet Lallement : des casques bleus à touche pas à mon grand frère

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En 2012, le maire de Sevran avait réclamé des casques bleus pour rétablir l’ordre dans sa ville, allant même jusqu’à la grève de la faim, avant de finalement jeter l’éponge face aux gangs de dealers et à un Etat totalement impuissant.

Aujourd’hui, une banale vidéo dans laquelle on voit un grand frère de la cité, embauché et payé par la ville de Sevran, refuser son interpellation et se battre à coups de poings avec un policier, confirme de quel côté se place la puissance publique.

La dictature des réseaux sociaux et du tweet, la lâcheté et l’instrumentalisation politico-médiatiques auront, une fois encore, eu la peau de l’un de nos collègues.

Doit-on rappeler l’usage de la force ordonné par les pouvoirs publics à l’encontre des Gilets jaunes : des milliers de blessés et des dizaines de manifestants mutilés avec le soutien sans faille et les encouragements du gouvernement, jugeant les blessures de guerre infligées au peuple, légitimes ?

Mais quand il s’agit du grand frère de la cité, du gentil caïd qui maintient la paix sociale en échange du retrait de la République du quartier, là, touche pas à mon grand frère..

Doit-on rappeler la pénétration des narcotrafiquants dans la vie municipale en banlieue ? De Bagnolet en passant par Sylvie Andrieux en PACA, tous ces mécanismes sont parfaitement connus et identifiés.. Mais silence radio..

La garde à vue de cette nouvelle victime à la sauce Théo, inventée de toutes pièces par les réseaux sociaux et les médias, a été levée par la justice pour raisons médicales.. Pourtant, pour se battre avec notre collègue, ce grand frère était plutôt en bonne santé..

Bilan ? Le caïd est dehors avec le statut de victime et notre collègue est suspendu avec le statut d’auteur..

Comme quoi en France, il vaut mieux être dealer que Gilet jaune ou flic..

Mise en examen du très macroniste Richard Ferrand : on exige des policiers des vertus qu’on n’exige pas des politiciens !

macron ferrand mise en examen gilets jaunes assemblée nationale

Après les homards de François De Rugy, celui qui l’a remplacé au perchoir de l’assemblée nationale, le sir Richard Ferrand, est à son tour mis en examen pour prise illégale d’intérêts au profit de sa compagne.

Mais pour la Macronie, hors de question que Ferrand démissionne de son poste, peu importe les soupçons qui pèsent sur lui.. Du président Macron en personne, en passant par Stanislas Guerini, Gabriel Attal, Gilles Legendre ou Sibeth Ndiaye, tous le soutiennent, eux qui avaient pourtant exigé la tête de François Fillon pour des faits similaires..

Silence assourdissant du côté du RN ou de la France Insoumise, eux aussi mouillés jusqu’au cou dans des affaires financières ou des procès divers et variés..

Elle est belle notre classe politique française, elle pourtant si prompte à donner des leçons de morale à longueur de journée à la France entière et aux policiers en particulier..

Lorsqu’un policier est soupçonné de la moindre bavure, il est immédiatement lynché politiquement et médiatiquement sur la place publique sans aucun procès en violation du principe de présomption d’innocence. Mais étonnement, lorsqu’il s’agit d’un politicien, il poursuit son activité et continue à palper son généreux salaire comme si de rien n’était..

Deux poids, deux mesures comme toujours.. On nous prend vraiment pour des cons..

françois fillonmarine le pen mélenchon

Grand retour des Gilets jaunes programmé le 21 septembre, marche de la colère policière, vers une convergence des luttes entre policiers et pompiers ? Entretien.

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Sputnik France : « Plusieurs responsables syndicaux parlent de la plus grande mobilisation de policiers depuis 2001. Il semble que les syndicats aient réussi cette fois à surmonter leurs différends.. »

Michel Thooris : « C’est exact. Depuis 2001, nous n’avions pas eu d’intersyndicale qui avait véritablement réussi à se mettre en œuvre autour d’un sujet commun avec un objectif commun. Cette intersyndicale regroupe personnels actifs, administratifs, techniques ou scientifiques. De ce point de vue là, nous avons, au moins sur le papier, réussi quelque chose d’historique. Du côté de notre organisation, nous nous sommes interrogés sur notre participation à cette intersyndicale. Nous ne cachons pas être très critiques à l’égard des syndicats majoritaires, nous considérons qu’ils portent une part de responsabilité dans la crise actuelle. Reste que nous n’avons pas voulu jouer les diviseurs. De plus, le paysage syndical dans la police est en évolution. Des secrétaires généraux partent à la retraite, d’autres arrivent. Nous souhaitons donner une chance à une nouvelle génération de syndicalistes, même s’ils arrivent avec l’étiquette d’organisations que je qualifie de préhistoriques, de montrer qu’ils veulent réellement défendre l’intérêt de nos collègues. Il aurait été déraisonnable de notre part de ne pas participer à cette volonté d’union autour d’un sujet majeur, qui est celui du suicide des policiers. »

Sputnik France : « Le retour en force des Gilets jaunes est annoncé pour le 21 septembre, avec une multitude d’événements organisés, certains depuis plusieurs semaines. Est-ce que vos collègues craignent de repartir pour une nouvelle année très difficile au niveau du maintien de l’ordre ? »

Michel Thooris : « C’est très compliqué à dire. Le mouvement des Gilets jaunes a connu plusieurs phases. Au départ, le mouvement historique du 17 novembre 2018 a rassemblé le peuple français dans toute sa diversité, avec une grande majorité d’individus qui n’avaient jamais manifesté, qui n’étaient pas des militants. Cette frange s’est rapidement effritée de par le manque de sécurité entre le risque de se faire écraser par une voiture ou de prendre un tir de flashball dans les manifestations. Un bon nombre des Français moyens qui constituaient les premiers Gilets jaunes ont cessé de manifester. Petit à petit, cette population a été remplacée dans les cortèges par des manifestants et agitateurs professionnels, qui sont venus avec leurs techniques violentes de manifestation pour systématiquement faire dégénérer la situation avec les forces de l’ordre. Est-ce qu’aujourd’hui le mouvement des Gilets jaunes est capable de faire redescendre dans la rue la France des oubliés, la France du petit peuple en colère ? J’en doute. Il faudra observer comment le mouvement pourra continuer d’exister et à quels défis sécuritaires nous devrons faire face dans les prochaines semaines. »

Sputnik France : « Une intersyndicale de pompiers a également appelé à une manifestation nationale le 15 octobre à Paris. Pourrait-on assister à une convergence des luttes entre policiers et pompiers ? »

Michel Thooris : « Il le faudrait. Nous l’appelons de nos vœux. Je pense qu’elle doit même aller au-delà des pompiers. La lutte doit rassembler tous les acteurs de la sécurité en France. Je pense notamment à nos collègues surveillants pénitenciers, qui souffrent terriblement, mais aussi à nos collègues douaniers. Concernant les gendarmes, leur statut militaire rend difficile une contestation, mais ils peuvent toujours se faire représenter par le biais d’associations et se faire entendre. Des agents de la RATP sont armés et exercent des missions semblables aux nôtres de même que certains agents de la SNCF. Tous ces acteurs de la sécurité souffrent aujourd’hui et n’en peuvent plus de l’absence de réponse pénale appropriée quand ils font leur travail. Sans parler des agressions subies au quotidien, qui vont de l’incivilité à la tentative de meurtre. Oui, il faut une convergence des luttes afin de peser lourd sur le gouvernement et obliger les politiciens à prendre des mesures réelles et concrètes. »

Sputnik France : « Il est grand temps de lancer le premier avertissement en haut lieu, a déclaré Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat de police Alliance. Si vous n’êtes pas entendus, pourriez-vous aller jusqu’à demander la tête de Cristophe Castaner ? »

Michel Thooris : « Je ne peux pas me prononcer au nom de l’intersyndicale. Ce mouvement rassemble presque toutes les sensibilités qui existent au sein du ministère de l’Intérieur. Quelles peuvent être les orientations que prendra ce mouvement par la suite ? Je ne peux pas me prononcer en l’état. En revanche, du côté de notre organisation, nous assumons être clairement dans l’opposition au gouvernement. Effectivement, de notre côté, nous pourrions aller jusqu’à demander un changement de ministre si nous n’étions pas entendus sur les sujets qui nous préoccupent. »

Sputnik France : « Le même Fabien Vanhemelryck assure que le gouvernement sous-estime le pouvoir de nuisance que la police peut avoir si elle commence à se mettre en colère. Comment pourrait se manifester ce pouvoir de nuisance ? »

Michel Thooris : « Là encore, je le laisse juge de ses propos. Mais il est évident que s’il y avait eu au plus fort de la crise des Gilets jaunes des policiers qui avaient décidé de se mettre en service minimum, on imagine bien ce que cela aurait pu donner. Il a fallu évidemment qu’ils fassent beaucoup plus qu’un service minimum pour arriver à contenir la colère du peuple vis-à-vis du pouvoir politique. »

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur Sputnik France :

https://fr.sputniknews.com/france/201909111042079014-marche-de-la-colere-des-policiers-vers-une-convergence-des-luttes-entre-policiers-et-pompiers/

intersyndicale police marche colère 2 octobre 2019