Syndicat de police. Ministère de l'Intérieur. Quatrième puissance syndicale du ministère de l'Intérieur et première force d'opposition de la police nationale !
Le cas de l’ex-policier de la BAC 75N interroge profondément.
Condamné par la cour d’assises des Yvelines à dix ans de réclusion criminelle pour le meurtre d’Olivio Gomes en 2020, remis en liberté à la demande de son avocat, Maître Liénard, sur décision de la chambre de l’instruction dans l’attente de son procès en appel qui est prévu en novembre à Nanterre ; Le policier Gilles G. et l’équipage faisait face à Olivio Gomes qui refusait d’obtempérer durant plus de vingt kilomètres. Au volant d’une Clio, ce dernier avait commis plusieurs infractions graves ; il était sans permis, alcoolisé et sous l’emprise de stupéfiants. Arrivé au pied de son immeuble, il redémarrait alors que le policier, à pied, se trouvait à côté du véhicule. Gilles G. faisait alors usage de son arme afin de le neutraliser, estimant qu’un risque avéré existait si le conducteur reprenait le volant dans les mêmes circonstances, conformément au cadre fixé par le code de la sécurité intérieure.
Comme dans l’affaire dite « Théo », mettant en cause le policier motocycliste Florian dans des circonstances comparables et pour des faits similaires, cette affaire met en lumière le manque de clarté du texte applicable. Celui-ci laisse à chacun la possibilité de l’interpréter à sa guise, selon que l’on soit directement exposé à une telle situation ou simple « spectateur ».
Cette situation rappelle aussi à quel point il semble plus facile de placer des policiers en détention, alors même qu’ils sont présumés innocents et qu’ils pensaient agir dans le cadre de leur mission, que d’appliquer avec la même rigueur ce principe à certaines personnalités qui, elles, paraissent bénéficier pleinement de la présomption d’innocence ; Ainsi que monsieur Gérard M. psychanalyste médiatique de renom, accusé d’agressions sexuelles, de viols par 90 femmes, patientes, parfois mineurs, usant de son statut, placé seulement sous contrôle judiciaire bien que mis en examen pour au moins quatre viols et deux agressions sexuelles sur 4 mineurs et 2 femmes.
Comment ne pas s’interroger face à ce deux poids deux mesures ? D’un côté, deux policiers, qui ne représentent en rien un danger pour la société, sont un temps incarcéré dans l’attente d’un jugement définitif. De l’autre, un potentiel prédateur sexuel est laissé libre d’aller et venir, avec le risque de faire pression sur ses nombreuses victimes, et se voit même autorisé à voyager en famille, en Italie. Il en va de la crédibilité de nos institutions. C’est pourquoi, une fois encore, nous exigeons que la présomption d’innocence soit la « règle absolue » pour les agents des forces de sécurité en mission confrontés à ce type de faits, et qu’enfin un statut juridique protecteur spécifique soit élaboré afin que nos forces de l’ordre puissent exercer sereinement leurs missions et faire face au défi d’une criminalité sans limite, qui explose et gangrène notre société.
Notre propos n’est pas de déresponsabiliser les agents, encore moins de revendiquer une quelconque impunité, comme certains, de mauvaise foi, tentent de le faire croire. Il s’agit de reconnaître la spécificité de leur engagement, de leur accorder un statut particulier à la hauteur des réalités qu’ils affrontent, car ils sont exposés, tout au long de leur carrière, à des situations de danger imminent et à des risques extrêmes qu’aucun autre citoyen n’a vocation à connaître dans sa vie. Pendant que les auteurs de crimes et de délits peuvent bénéficier de circonstances atténuantes au regard de leur personnalité, de leur parcours ou des motivations de leur passage à l’acte, les policiers et les gendarmes, eux, n’en bénéficient pas. Pire encore, les contraintes mêmes de leur mission semblent parfois se retourner contre eux jusqu’à devenir, dans certains cas, des circonstances aggravantes.
À Paris, ce jeudi 14 mai, un élève gardien de la paix de 20 ans a été sauvagement blessé au visage par l’auteur d’un vol dans une boulangerie. Hors service, il intervenait avec courage lorsqu’il a été violemment lynché par un individu qui a ensuite pris la fuite. Hospitalisé en urgence absolue, ce jeune policier a payé de sa personne face à une violence devenue incontrôlable. Son agresseur, positif aux stupéfiants, n’a été interpellé que plus tard.
À Bandol, le même jour, un CRS a été traîné sur près de quarante mètres sur l’autoroute A50. Alors qu’il tentait d’intervenir sur un véhicule accidenté, la conductrice, alcoolisée et défavorablement connue des services de police, a redémarré brutalement et pris la fuite, coinçant le bras du fonctionnaire dans l’habitacle et le traînant sur plusieurs dizaines de mètres.
Combien faudra-t-il encore de policiers blessés, broyés, sacrifiés, avant que l’État ouvre enfin les yeux ?
Il ne se passe plus un jour sans qu’un policier ou un gendarme soit pris pour cible. Ce constat est implacable : changement de société, sentiment d’impunité, absence de sévérité, peines qui ne dissuadent pas. Voilà la réalité. Voilà ce qui nourrit, chaque jour davantage, une haine décomplexée contre les forces de l’ordre.
Aujourd’hui, policiers et gendarmes ne sont plus respectés. Ils sont laissés démunis, impuissants, confrontés à une délinquance totalement débridée, entravés par un arsenal juridique inadapté, pendant que les voyous, eux, testent chaque jour un peu plus les limites d’un système qui ne les sanctionne plus à la hauteur de leurs actes.
Les collègues deviennent les victimes de malfaiteurs qui savent très bien qu’ils risquent peu. Et pendant ce temps, ceux qui protègent encaissent, saignent, tombent, pendant que d’autres commentent, temporisent ou détournent le regard.
Ce qui était encore exceptionnel il y a vingt ans est devenu quotidien, presque banal. Sauf pour ceux qui le vivent. Sauf pour les policiers et les gendarmes qui montent au front chaque jour, avec de moins en moins de protection, de moins en moins de soutien, et trop souvent dans l’indifférence générale.
Il est temps que cela cesse. Il est temps de sortir des discours creux, des promesses sans lendemain et des postures de circonstance. Il est temps de protéger réellement les forces de sécurité, de durcir les sanctions, et de faire payer au prix fort ceux qui s’en prennent à celles et ceux qui protègent la République.
Dans la nuit de samedi à dimanche, en Seine-Saint-Denis, à Clichy-sous-Bois, un refus d’obtempérer a donné lieu à une course-poursuite dans le quartier des Bosquets. Le conducteur, au volant d’un véhicule de type Citroën C3 Air cross signalé volé, a commis de multiples infractions graves (franchissements de feux rouges, vitesse excessive, mise en danger d’autrui, etc.). Au terme de la poursuite, il a percuté délibérément un véhicule de police positionné pour lui barrer la route. Immobilisé, il a pris la fuite à pied, avant d’être interpellé à l’issue d’une résistance. Lors de son interpellation, il a proféré des cris « Allah Akbar », semblant appeler des individus présents à proximité, venus ensuite — une dizaine environ — s’en prendre aux fonctionnaires sur place.
Malgré la violence de l’impact, les trois policiers, souffrant de douleurs dorsales et cervicales, ont pu s’extraire du véhicule, cela aurait pu être dramatique. Le véhicule de police a été entièrement détruit par les flammes. Le véhicule volé a également été incendié ; quatre autres véhicules ont été endommagés par le feu.
La situation de l’auteur interroge, et même davantage. Âgé de 21 ans, il conduisait sans permis ; il est connu pour des faits similaires, multirécidiviste, et venait de sortir de détention. De nationalité tunisienne, il convient de s’interroger sur la pertinence du maintien sur le territoire national d’un délinquant notoire, dont le passage à l’acte s’inscrit désormais dans une logique de criminalité assumée, et pour lequel les condamnations antérieures n’ont manifestement exercé aucun effet dissuasif. À cela s’ajoute la gravité des propos tenus lors des faits, présentés comme à connotation « terroriste ».
Les refus d’obtempérer se multiplient et placent les policiers et gendarmes intervenants dans des situations opérationnelles de plus en plus dégradées, souvent avec des marges de manœuvre réduites. Dans le même temps, l’intervention leur sera régulièrement reprochée : trop « musclée », ou au contraire illégitime au regard de l’usage de la force — jusqu’à la mise en cause de l’emploi de l’arme, y compris lorsqu’il s’agit de neutraliser un individu prêt à tout et de prévenir des drames. La veille encore, à Avignon, un homme de 79 ans a été tué par un conducteur de deux-roues ayant refusé un contrôle et pris la fuite. Ce type de bilan n’est pas une fatalité : il est la conséquence directe de comportements délinquants auxquels il faut pouvoir mettre un terme, mais aussi de choix politique.
Notre position est sans ambiguïté : ni les honnêtes gens, ni les citoyens, ni les policiers et gendarmes n’ont à subir les choix de délinquants, de voyous ou de criminels qui les menacent. En l’état, la réponse pénale apparaît insuffisamment dissuasive. Il est donc nécessaire de durcir le cadre et d’appliquer des sanctions effectives et sévères.
Les déclarations d’intention ne protègent personne ; seules des décisions concrètes le feront. Et sur le terrain, c’est nous qui en payons le prix.
Hier, jeudi 7 mai, vers 17 h 30, à Lyon (7e), trois individus circulant avenue Jean-Jaurès à bord d’une Volkswagen Golf ont refusé d’obtempérer à un contrôle et ont pris la fuite. Une poursuite s’est engagée avec un équipage du GSP, rejoint par deux motards de la Police nationale. Au cours de la course-poursuite, les policiers ont essuyé plusieurs tirs, l’arme (un fusil à canon scié) ayant été exhibée. Un agent a été blessé à la jambe après avoir été percuté par le conducteur ; face à la menace, un second policier a fait usage de son arme afin de mettre fin à la fuite. Le conducteur et un passager ont été interpellés ; l’autre passager a pris la fuite.
Une fois encore, ces individus font preuve d’une détermination totale : prêts à s’en prendre aux policiers pour échapper au contrôle, ils mettent aussi en danger la vie d’innocents. On pense notamment à ce cycliste d’une quarantaine d’années, percuté le 1er mai par un fuyard à moto de 21 ans, connu de la justice et positif au cannabis, et laissé entre la vie et la mort.
Quelle réponse judiciaire apporter à ces criminels qui n’ont ni limites ni crainte, et imposent à tous une véritable roulette russe ? Nous demandons la plus grande fermeté : qu’ils soient condamnés et écartés durablement afin de protéger le reste de la société. La priorité doit aller à la sécurité des citoyens. Cela relance, une fois encore, le débat sur le cadre légal de l’usage des armes létales par les forces de l’ordre face à des individus de ce type. Ce cadre ne doit laisser aucune place à l’interprétation lorsque la justice est saisie : elle doit protéger les agents plutôt que les voyous.
Lors des « célébrations » de la victoire du PSG, 23 policiers ont été blessés. Ce chiffre illustre la gravité des événements qui accompagnent désormais chaque rassemblement ou manifestation nationale en France. Il apparaît que de telles occasions sont systématiquement détournées par des délinquants, qui perturbent la vie des citoyens honnêtes, transformant ce qui devrait être des moments festifs ou revendicatifs en scènes de pillages, dégradations et vols. Les attaques contre les forces de l’ordre deviennent une constante, créant une situation devenue habituelle et pourtant intolérable.
Outre les blessures infligées aux policiers, les dégâts matériels sont importants : véhicules administratifs et de particuliers détruits, mobilier urbain dégradé. Le coût de ces dégradations est supporté par les citoyens, qui se voient contraints de payer davantage, sans bénéficier de la sécurité à laquelle ils ont droit.
Face à cette situation, la fermeté s’impose comme la règle. Les policiers s’efforcent d’appliquer cette fermeté, mais il est essentiel que la justice prenne également les mesures nécessaires. Les délinquants doivent être tenus responsables de leurs actes, tout comme les parents des mineurs impliqués dans des délits.
Alors qu’une partie de la société consent à des efforts financiers et que les policiers exercent dans des conditions souvent dégradées — subissant des réductions de leurs acquis sociaux, un manque de moyens matériels et une pénurie d’effectifs — d’autres défient ouvertement la République et fragilisent le vivre-ensemble en quasi-impunité.
Le 24 avril dernier, le conducteur d’une Twingo, non porteur de la ceinture de sécurité, refuse d’obtempérer lors d’un contrôle de la gendarmerie. Poursuivi sur environ 6 km entre La Brillanne et Forcalquier par deux gendarmes motocyclistes, il percute délibérément, avec détermination, un premier militaire puis un second, les blessant tous les deux, ainsi qu’une passante se trouvant à proximité. Interpellé, l’individu, âgé de 38 ans et chauffeur de bus de métier, déclare : « Ils n’avaient pas à me poursuivre et, si je devais le refaire, je le referais. ». Il n’exprime aucun remords ni regret et ne présente aucune excuse à l’audience.
Placé en garde à vue, il est présenté en comparution immédiate quatre jours plus tard. À l’audience, le parquet requiert sept années d’emprisonnement ferme, avec maintien en détention.
Le chauffard, dont l’examen médical réalisé en garde à vue conclut à une altération du discernement, bénéficie de la clémence du tribunal.
Le jugement rendu le 28 avril au soir par le tribunal de Digne-les-Bains est, selon nous, incompréhensible : cinq ans de prison, dont quatre assortis d’un sursis probatoire, avec obligations de soins et de travail, et renvoi sur intérêts civils.
Ainsi, cet individu, jugé dangereux et ayant voulu tuer deux gendarmes, ne passe pas un seul jour en prison et ne fait l’objet d’aucune hospitalisation d’office. À l’issue du jugement, les gendarmes, qui en attendaient beaucoup, ont été surpris et très déçus, tandis que l’auteur des faits et, plus particulièrement, sa famille ont explosé de joie, sans retenue, après un verdict très favorable au prévenu. Depuis sa sortie du tribunal de Digne-les-Bains, laissé libre, il est susceptible de recommencer, et ce malgré la décision récente du législateur de durcir les sanctions à l’encontre des auteurs de refus d’obtempérer. Or ce phénomène constitue un véritable fléau, à l’origine de drames humains, avec des faits recensés toutes les 20 minutes en France.
Nous craignons que ce type de décisions ne fasse que renforcer le sentiment d’impunité chez les délinquants de la route et ne participe à l’explosion de ces comportements criminels.