Refus d’obtempérer à Clichy-sous-Bois : bilan — 3 policiers blessés, 1 véhicule sérigraphié détruit par incendie, 1 véhicule volé incendié et 4 autres véhicules endommagés.

Dans la nuit de samedi à dimanche, en Seine-Saint-Denis, à Clichy-sous-Bois, un refus d’obtempérer a donné lieu à une course-poursuite dans le quartier des Bosquets. Le conducteur, au volant d’un véhicule de type Citroën C3 Air cross signalé volé, a commis de multiples infractions graves (franchissements de feux rouges, vitesse excessive, mise en danger d’autrui, etc.). Au terme de la poursuite, il a percuté délibérément un véhicule de police positionné pour lui barrer la route. Immobilisé, il a pris la fuite à pied, avant d’être interpellé à l’issue d’une résistance. Lors de son interpellation, il a proféré des cris « Allah Akbar », semblant appeler des individus présents à proximité, venus ensuite — une dizaine environ — s’en prendre aux fonctionnaires sur place.

Malgré la violence de l’impact, les trois policiers, souffrant de douleurs dorsales et cervicales, ont pu s’extraire du véhicule, cela aurait pu être dramatique. Le véhicule de police a été entièrement détruit par les flammes. Le véhicule volé a également été incendié ; quatre autres véhicules ont été endommagés par le feu.

La situation de l’auteur interroge, et même davantage. Âgé de 21 ans, il conduisait sans permis ; il est connu pour des faits similaires, multirécidiviste, et venait de sortir de détention. De nationalité tunisienne, il convient de s’interroger sur la pertinence du maintien sur le territoire national d’un délinquant notoire, dont le passage à l’acte s’inscrit désormais dans une logique de criminalité assumée, et pour lequel les condamnations antérieures n’ont manifestement exercé aucun effet dissuasif. À cela s’ajoute la gravité des propos tenus lors des faits, présentés comme à connotation « terroriste ».

Les refus d’obtempérer se multiplient et placent les policiers et gendarmes intervenants dans des situations opérationnelles de plus en plus dégradées, souvent avec des marges de manœuvre réduites. Dans le même temps, l’intervention leur sera régulièrement reprochée : trop « musclée », ou au contraire illégitime au regard de l’usage de la force — jusqu’à la mise en cause de l’emploi de l’arme, y compris lorsqu’il s’agit de neutraliser un individu prêt à tout et de prévenir des drames. La veille encore, à Avignon, un homme de 79 ans a été tué par un conducteur de deux-roues ayant refusé un contrôle et pris la fuite. Ce type de bilan n’est pas une fatalité : il est la conséquence directe de comportements délinquants auxquels il faut pouvoir mettre un terme, mais aussi de choix politique.

Notre position est sans ambiguïté : ni les honnêtes gens, ni les citoyens, ni les policiers et gendarmes n’ont à subir les choix de délinquants, de voyous ou de criminels qui les menacent. En l’état, la réponse pénale apparaît insuffisamment dissuasive. Il est donc nécessaire de durcir le cadre et d’appliquer des sanctions effectives et sévères.

Les déclarations d’intention ne protègent personne ; seules des décisions concrètes le feront. Et sur le terrain, c’est nous qui en payons le prix.

Des policiers visés à Lyon.

Hier, jeudi 7 mai, vers 17 h 30, à Lyon (7e), trois individus circulant avenue Jean-Jaurès à bord d’une Volkswagen Golf ont refusé d’obtempérer à un contrôle et ont pris la fuite. Une poursuite s’est engagée avec un équipage du GSP, rejoint par deux motards de la Police nationale. Au cours de la course-poursuite, les policiers ont essuyé plusieurs tirs, l’arme (un fusil à canon scié) ayant été exhibée. Un agent a été blessé à la jambe après avoir été percuté par le conducteur ; face à la menace, un second policier a fait usage de son arme afin de mettre fin à la fuite. Le conducteur et un passager ont été interpellés ; l’autre passager a pris la fuite.

Une fois encore, ces individus font preuve d’une détermination totale : prêts à s’en prendre aux policiers pour échapper au contrôle, ils mettent aussi en danger la vie d’innocents. On pense notamment à ce cycliste d’une quarantaine d’années, percuté le 1er mai par un fuyard à moto de 21 ans, connu de la justice et positif au cannabis, et laissé entre la vie et la mort.

Quelle réponse judiciaire apporter à ces criminels qui n’ont ni limites ni crainte, et imposent à tous une véritable roulette russe ? Nous demandons la plus grande fermeté : qu’ils soient condamnés et écartés durablement afin de protéger le reste de la société. La priorité doit aller à la sécurité des citoyens. Cela relance, une fois encore, le débat sur le cadre légal de l’usage des armes létales par les forces de l’ordre face à des individus de ce type. Ce cadre ne doit laisser aucune place à l’interprétation lorsque la justice est saisie : elle doit protéger les agents plutôt que les voyous.

Violences lors des célébrations de la victoire du PSG

Lors des « célébrations » de la victoire du PSG, 23 policiers ont été blessés. Ce chiffre illustre la gravité des événements qui accompagnent désormais chaque rassemblement ou manifestation nationale en France. Il apparaît que de telles occasions sont systématiquement détournées par des délinquants, qui perturbent la vie des citoyens honnêtes, transformant ce qui devrait être des moments festifs ou revendicatifs en scènes de pillages, dégradations et vols. Les attaques contre les forces de l’ordre deviennent une constante, créant une situation devenue habituelle et pourtant intolérable.

Outre les blessures infligées aux policiers, les dégâts matériels sont importants : véhicules administratifs et de particuliers détruits, mobilier urbain dégradé. Le coût de ces dégradations est supporté par les citoyens, qui se voient contraints de payer davantage, sans bénéficier de la sécurité à laquelle ils ont droit.

Face à cette situation, la fermeté s’impose comme la règle. Les policiers s’efforcent d’appliquer cette fermeté, mais il est essentiel que la justice prenne également les mesures nécessaires. Les délinquants doivent être tenus responsables de leurs actes, tout comme les parents des mineurs impliqués dans des délits.

Alors qu’une partie de la société consent à des efforts financiers et que les policiers exercent dans des conditions souvent dégradées — subissant des réductions de leurs acquis sociaux, un manque de moyens matériels et une pénurie d’effectifs — d’autres défient ouvertement la République et fragilisent le vivre-ensemble en quasi-impunité.

Deux motocyclistes de la gendarmerie de Forcalquier volontairement percutés par un chauffard dans le 04 : une condamnation incompréhensible.

Le 24 avril dernier, le conducteur d’une Twingo, non porteur de la ceinture de sécurité, refuse d’obtempérer lors d’un contrôle de la gendarmerie. Poursuivi sur environ 6 km entre La Brillanne et Forcalquier par deux gendarmes motocyclistes, il percute délibérément, avec détermination, un premier militaire puis un second, les blessant tous les deux, ainsi qu’une passante se trouvant à proximité. Interpellé, l’individu, âgé de 38 ans et chauffeur de bus de métier, déclare : « Ils n’avaient pas à me poursuivre et, si je devais le refaire, je le referais. ». Il n’exprime aucun remords ni regret et ne présente aucune excuse à l’audience.

Placé en garde à vue, il est présenté en comparution immédiate quatre jours plus tard. À l’audience, le parquet requiert sept années d’emprisonnement ferme, avec maintien en détention.

Le chauffard, dont l’examen médical réalisé en garde à vue conclut à une altération du discernement, bénéficie de la clémence du tribunal.

Le jugement rendu le 28 avril au soir par le tribunal de Digne-les-Bains est, selon nous, incompréhensible : cinq ans de prison, dont quatre assortis d’un sursis probatoire, avec obligations de soins et de travail, et renvoi sur intérêts civils.

Ainsi, cet individu, jugé dangereux et ayant voulu tuer deux gendarmes, ne passe pas un seul jour en prison et ne fait l’objet d’aucune hospitalisation d’office. À l’issue du jugement, les gendarmes, qui en attendaient beaucoup, ont été surpris et très déçus, tandis que l’auteur des faits et, plus particulièrement, sa famille ont explosé de joie, sans retenue, après un verdict très favorable au prévenu. Depuis sa sortie du tribunal de Digne-les-Bains, laissé libre, il est susceptible de recommencer, et ce malgré la décision récente du législateur de durcir les sanctions à l’encontre des auteurs de refus d’obtempérer. Or ce phénomène constitue un véritable fléau, à l’origine de drames humains, avec des faits recensés toutes les 20 minutes en France.

Nous craignons que ce type de décisions ne fasse que renforcer le sentiment d’impunité chez les délinquants de la route et ne participe à l’explosion de ces comportements criminels.

Attaque inadmissible aux Mureaux, 3 policiers blessés dont un grièvement.

Nous exprimons notre plein et entier soutien à nos collègues, intervenus dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 avril aux Mureaux dans les Yvelines en appui des sapeurs-pompiers. Pris pour cible par une centaine d’individus, ils ont été victimes d’un guet-apens au cours duquel trois policiers de la BAC ont été blessés, dont l’un grièvement. Le conducteur, retrouvé inanimé après avoir reçu au visage un pavé lancé par un individu, souffre à ce jour d’un traumatisme facial grave ainsi que d’une fracture du nez, nécessitant une reconstruction. La CRS 8, dépêchée en renfort, est parvenue à rétablir l’ordre. Nous ne pouvons accepter que de telles attaques contre les forces de l’ordre se reproduisent jour après jour sans que le législateur et nos dirigeants ne prennent les mesures nécessaires, notamment par l’instauration de peines d’une extrême fermeté, l’application de peines minimales et la suppression des atténuations ou réductions de peine en de telles circonstances. Les policiers méritent une considération accrue, alors même que ces actes se multiplient dans un silence assourdissant.