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Interview du 5 juin 2016

Dans un contexte où les policiers de notre pays sont au coeur de débats souvent passionnés, il nous a paru intéressant de donner la parole à Michel Thooris, secrétaire d’un syndicat peu connu, et pourtant fort intéressant…

En 2005, j’avais demandé l’intervention de l’armée dans les banlieues

Riposte Laïque : Vous êtes secrétaire du syndicat France Police. En quoi vous différenciez-vous des autres syndicats de police ?

Michel Thooris : En 2005, j’ai demandé l’intervention de l’armée dans les banlieues. A l’époque, les émeutes n’avaient pas de caractère social, il s’agissait bien d’une intifada aux cris d’Allahou Akbar. Il y a plus d’une décennie, je dénonçais déjà la distribution massive du protocole des Sages de Sion dans les quartiers. La différence entre nous et les autres syndicats appartenant tous à l’Establishment ? Contrairement à eux, nous n’avons pas découvert l’état de la société française et la menace terroriste le 7 janvier 2015. Monsieur Patrick Kanner vient de s’apercevoir que la France compte une centaine de Molenbeek. Moi, en 2004, j’alertais les pouvoirs publics sur le Francistan en référence au Londonistan. Nous pouvons donc dire que France Police est un syndicat d’anticipation, visionnaire. Nous disons la vérité, c’est notre marque de fabrique pendant que les autres jouent la carte du piston pour faire entrer des adhésions.. Le politiquement correct a tué le syndicalisme policier mais nous, nous sommes encore vivants.

Les islamo-gauchistes ont pris le contrôle du pays

Riposte Laïque : Quel est votre regard sur la situation française, marquée par un paradoxe étonnant : vos collègues sont de plus en plus violemment agressés, et pourtant, une campagne de presse vous fait passer pour les agresseurs…

Michel Thooris : C’est une ultra-minorité de personnes qui a gagné la guerre de la communication en France. Les islamo-gauchistes, comme les a qualifiés Jean-Christophe Cambadelis, ont pris le contrôle politique, médiatique et idéologique du pays. C’est eux qui imposent la dictature de la pensée unique et sont responsables du déclin de la France. Ils se rêvent en fossoyeur de la Nation française qu’ils exècrent. La mise en bière de la civilisation judéo-chrétienne est l’aboutissement de leur totalitarisme idéologique. La doctrine no border visant à permettre à tous citoyens du monde de venir s’installer librement dans l’Espace Schengen est le but ultime de leur combat.

La police française n’a pas le centième des droits accordés aux policiers américains

Riposte Laïque : Deux événements illustrent cette situation. Un CRS, coupable d’avoir donné un coup de poing à un étudiant, va se retrouver au tribunal. Et le policier qui a failli mourir brûlé dans sa voiture, lors de l’agression des antifas, à Paris, a été décoré pour ne pas s’être servi de son arme. Ces deux faits suscitent quelle réaction, chez vous ?

Michel Thooris : Lorsqu’une personne lambda donne un coup de poing à une autre personne lambda, il risque tout au plus des poursuites devant le tribunal de police qui ne peut prononcer qu’une simple peine d’amende mais pas de peine d’emprisonnement. Lorsqu’il s’agit d’un policier qui donne le même coup de poing, il risque le tribunal correctionnel avec un mandat de dépôt à la clef et la case prison. Qui fait les lois ? Le Parlement. Ils ont accordé les mêmes droits aux mis en cause qu’aux USA par contre la police française n’a pas le centième des pouvoirs accordés aux policiers américains. Là encore, c’est l’idéologie islamo-gauchiste qui a malheureusement influencé nos lois.

Le pire ministre de l’Intérieur, cela a été Sarkozy

Riposte Laïque : A Riposte Laïque, nous considérons que Cazeneuve, qui a déposé par ailleurs quatre plaintes contre notre site, est le pire ministre de l’Intérieur de la Cinquième République. Partagez-vous ce jugement, et comment vos collègues jugent-ils, en général, ce ministre ?

Michel Thooris : Non, je ne partage pas votre opinion. Le pire de tous les ministres de l’Intérieur de la cinquième République, c’est Sarkozy. Cazeneuve est arrivé à la tête d’un ministère exsangue, ravagé par Sarkozy et Guéant dans une France où, comme l’a dit le ministre de la Ville, il y a des centaines de Molenbeek. De surcroît, notre pays est frappé par une vague d’attentats sans précédent. Cazeneuve doit faire face à cette situation gravissime mais toutes les armes juridiques et politiques lui ont été retirées par ses amis. C’est un peu comme si vous deviez opérer et soigner un patient atteint d’un cancer généralisé avec pour seul instrument une cuillère et pour seul traitement, un tube d’homéopathie. Lorsqu’il faudrait incarcérer tous les Français ayant participé aux crimes de guerre commis par Daesh en Syrie ou en Irak, monsieur Cazeneuve, pour faire plaisir aux islamo-gauchistes, met en place des stages ouverts de déradicalisation avec des psychologues.. C’est un problème politique, pas un problème de personne.

Si les trois antifas avaient été des « Manif pour Tous »…

Riposte Laïque : Trois des quatre antifas arrêtés, qui ont agressé vos deux collègues à Paris, le jour de votre dernière manifestation, sont aujourd’hui en liberté. Révolté ?

Michel Thooris : Je ne souhaite pas commenter une décision de justice. Toutefois, je m’interroge sur un point. Si les auteurs de ces violences avaient été des militants de la Manif pour tous, quel aurait été le traitement médiatico-judiciaire de cette affaire ?

Nous allons déposer plainte contre Nicolas Gardères

Riposte Laïque : Hier, sur un plateau de télévision, lors d’une émission de nos amis de TV-Libertés, l’avocat Nicolas Gardères a tenu des propos très violents à l’égard de votre profession, expliquant que les policiers faisaient ce métier pour la jouissance que procure le fait de tuer ou de tabasser. Quelle est votre réaction ?

Michel Thooris : le Syndicat France Police a saisi maître Versini pour qu’il dépose plainte au nom de notre organisation professionnelle contre ce monsieur. Je ne commenterai pas davantage les propos de monsieur Gardères. Je laisse le soin à notre avocat et à la justice de le faire.

Désobéir aux ordres serait trahir le pays

Riposte Laïque : Que pensez-vous de cette phrase : au bout d’un moment, obéir, c’est trahir ?

Michel Thooris : Nous considérons que notre honneur c’est de servir et d’obéir. Les lois sont votées par le Parlement qui a été élu par le peuple Français. Le gouvernement actuel est légitime, il tient ses pouvoirs du peuple. La police, respectueuse de la Constitution, restera quoi qu’il arrive fidèle à ses engagements vis-à-vis de la Nation et de son Président. Notre action judiciaire continuera de s’accomplir sous le contrôle et l’autorité du procureur de la République en enquête préliminaire ou de flagrance et sous le contrôle du juge d’instruction en commission rogatoire. Nous poursuivrons notre action de police administrative sous les ordres et le contrôle du ministre de l’Intérieur et des Préfets. Désobéir serait trahir notre pays. Obéir, c’est précisément le servir.

Propos recueillis par Pierre Cassen

npi

Interview du 5 novembre 2014

Interview de Michel Thooris, secrétaire général du syndicat France Police, accordée à NationsPress.info

NPInfo : Michel Thooris, vos listes France Police ont été validées par l’administration, vous serez donc bien candidat aux prochaines élections professionnelles au sein du ministère de l’Intérieur en décembre 2014, votre sentiment ?

Je suis engagé syndicalement depuis plus d’une décennie. Aux élections professionnelles 2003, j’ai fait campagne pour le SNPT. Suite à l’implosion du SNPT, j’ai conduit en 2006 la liste Action Police et nous avons obtenu plus d’un millier de voix. Au lendemain du scrutin, Action Police a été dissous de fait par la CFTC avec la complicité du pouvoir politique en place à l’époque. Nous avons été contraints de poursuivre notre combat syndical au sein d’une nouvelle structure, France Police à la tête de laquelle j’ai été élu secrétaire général en 2009. L’administration a rejeté notre candidature aux élections professionnelles 2010 arguant du fait que nous n’étions pas représentatifs. Vous apprécierez le caractère démocratique des élections syndicales. Grâce aux accords de Bercy signés en 2008 mais appliqués pour la première fois aux scrutins prévus cette année du 1er au 4 décembre 2014, nous pouvons enfin nous présenter après huit longues années de traversée du désert. Cette candidature est à la fois l’aboutissement d’une décennie de combats et à la fois le début d’un nouveau challenge ; celui de faire enfin appliquer nos revendications dans la police nationale.

Quelle est votre différence par rapport aux autres syndicats présents à ce scrutin ?

Nous sommes le seul syndicat non affilié à union, à une fédération ou à une confédération. France Police est l’unique syndicat corporatiste qui défend exclusivement les intérêts des policiers nationaux.

Le syndicat Action Police était classé à l’extrême droite. Vous aviez notamment fait campagne en 2006 contre les salles de prières dans les écoles de police. France Police est-il lui aussi un syndicat d’extrême droite ?

Le classement à l’extrême droite d’Action Police était tout à fait infondé et ne reposait sur rien de factuel mais dès que vous dites que vous êtes patriotes, que vous aimez la France et que vous dénoncez l’Islam radical, on vous traite immédiatement de fasciste.

Le ministère de l’Intérieur a récemment commandé aux services de renseignements un recensement des possibles cas de radicalisation au sein de notre institution, comme quoi nos inquiétudes étaient bien fondées et notre combat pour la laïcité au sein de la fonction publique parfaitement légitime.

France Police est totalement apolitique, indépendant et autonome. Nous ne défendons pas un projet politique mais un projet syndical pour améliorer les conditions de vie et de travail des policiers et rendre la police nationale plus efficiente au service de la population.

Parce qu’un parti politique ne peut être corporatiste car il a vocation à défendre les intérêts de la nation et non ceux d’une catégorie particulière de travailleurs, un syndicat, s’il veut garder sa liberté de défendre une catégorie particulière de travailleurs doit rester apolitique. C’est la philosophie de France Police même si notre organisation garantie à chaque membre une totale liberté d’opinion politique lorsqu’il ne s’exprime pas dans le cadre de sa pratique syndicale.

La FPIP est généralement elle aussi classée à l’extrême droite, comment vous positionnez-vous par rapport à cette organisation ?

France Police est aux antipodes du syndicalisme pratiqué par la FPIP. Cette fédération n’est absolument pas corporatiste, elle amalgame policiers nationaux et municipaux. Or, il n’existe pas de convergence entre les intérêts des policiers nationaux qui œuvrent au sein de la fonction publique d’État et les intérêts des policiers municipaux qui dépendent de la fonction publique territoriale. Ensuite, la FPIP adhère à Eurocop une sorte d’Union européenne du syndicalisme qui relaye la politique européiste mortifère de Bruxelles. Enfin, la FPIP n’a pas de projet et s’est totalement décrédibilisée en soutenant Sarkozy alors qu’il était ministre de l’Intérieur. Nous mettons la FPIP dans le même sac que nos autres adversaires. Cette fédération existe depuis les années 1970, à quoi a-t-elle servi depuis quarante ans si ce n’est à capter de l’argent public et à permettre à ses dirigeants de bénéficier d’exemptions syndicales ?

Et comment jugez-vous vos autres adversaires à ces élections ?

Alliance Police nationale, c’est l’antenne de l’UMP dans la police nationale. Alors pour les groupies de Sarkozy, c’est un excellent choix syndicalo-politique. Alliance, c’est le syndicat de la réforme des corps et carrières de 2004. Cette « réforme » lui a permis de distribuer des plats de lentilles, comprenez de l’avancement, contre timbres syndicaux sonnant et trébuchant. Il porte la responsabilité de la saturation actuelle du système d’avancements. Désormais, grâce à eux, quinze ans minimum d’attente pour être nommé brigadier ! Pas mieux pour l’accès au grade de brigadier-chef et quant au grade de major mieux vaut être multi-cartes ; un timbre dans chaque syndicat et avoir foi dans le piston.

Côté Unité Police SGP FO, c’est le S qui manque à la fin du sigle de l’UMP. C’est le syndicat maison du gouvernement socialiste en place. Il sert à accompagner tous les reculs imposés par le pouvoir en place et à valider l’affaiblissement de notre institution face à ceux qui mettent la France à feu et à sang. Port du matricule, incitation à déposer plainte contre la police grâce à la saisine en ligne de la police des polices, retrait des grenades pour les maintiens de l’ordre et la liste n’est pas exhaustive. Il faut toutefois reconnaître aux dirigeants d’Unité Police SGP FO une force que les autres n’ont pas, c’est la force de leurs poignets. Arriver à signer autant d’accords en si peu de temps avec l’administration sans jamais se faire mal au poignet, ça force le respect.

Enfin, il reste l’UNSA Police qui a rallié les laissés pour compte d’Unité Police SGP FO. C’est un syndicat également proche du pouvoir socialiste en place dont la maison mère est majoritairement implantée dans l’éducation nationale. Quelle est la convergence entre les intérêts des enseignants et ceux des policiers nationaux ? Eux seuls le savent.

Globalement, les voix se partageront entre France Police, Unité Police SGP FO, Alliance Police nationale et UNSA Police, les autres syndicats ultra-minoritaires ne capteront que quelques centaines de voix.

Comment France Police se positionne sur l’échiquier syndical ? Progressiste ? Réformateur ?

Que la sémantique syndicale est belle mais que ce qu’elle cache est laid !

Progressiste ? Qui peut être contre le progrès ? Sauf que derrière le mot progressiste, il n’y a point de progrès mais l’accompagnement de la politique social-démocrate imposée par l’Union européenne et relayée par l’UMPS sur le plan politique et par les confédérations sur le plan syndical. Alors non, nous ne sommes pas progressistes.

Réformateur ? Lorsque ça ne va pas, que doit-on faire ? Des reformes. Sauf que dans le jargon syndical, le mot réforme ne signifie pas réformer sur la base de propositions faites par et pour les travailleurs mais d’accompagner les réformes voulues par le pouvoir politique en place. Alors non, nous ne sommes pas un syndicat réformateur.

Nous sommes un syndicat contestataire, corporatiste et revendicatif. Nous refuserons d’accompagner les réformes social-démocrates. Nous défendons les intérêts des policiers nationaux et exclusivement des policiers nationaux. Nous essayons de faire appliquer nos revendications, pas celles de l’administration.

Des manifestations de policiers s’organisent en ce moment, comment analysez-vous ces mouvements sociaux ?

Il ne s’agit pas d’un mouvement social mais de propagande électorale. Ça fait quinze ans que je suis dans la police, avant chaque élection professionnelle, c’est immuable, les syndicats sont systématiquement dans la rue avec leurs adhérents vent debout contre toutes les réformes qu’ils ont accompagné au cours de la mandature écoulée. C’est juste prendre les collègues pour des cons, le pire c’est que ça marche à chaque fois.

Pensez-vous sincèrement que le syndicalisme peut apporter quelque chose aux travailleurs ?

Tout dépend de quel syndicalisme on parle ? Je crois profondément que le syndicalisme contestataire, autonome, indépendant, corporatiste et revendicatif peut protéger le travail et les travailleurs.

Ce sont les grandes centrales syndicales qui ont tué le syndicalisme. CGT, CFDT, FO, CFE CGC et CFTC, ces organisations sont aux travailleurs ce que le Medef est à l’entreprise ; des outils au service du système qui pour les unes écrasent les salariés, qui pour l’autre écrase les PME / PMI avec un asservissement total aux puissances du CAC 40 et à la politique de madame Merkel.

L’objectif est simple ; tendre le marché du travail en faisant augmenter le chômage par l’immigration et les délocalisations combiné à une baisse des aides accordées aux chômeurs. On nous expliquera ensuite qu’on est obligé de réformer le code du travail et accepter de travailler plus pour gagner moins. A défaut, les chômeurs passeront de la précarité à l’extrême pauvreté. Et les confédérations syndicales jouent parfaitement leur rôle dans ce système en muselant le syndicalisme corporatiste et revendicatif, en accompagnant la politique de Bruxelles et, au besoin, en écrasant le syndicalisme de combat, j’en veux pour preuve les Conti.

Le scandale de la caisse noire de l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM), organisation proche de la CFTC, a démontré que les grandes centrales syndicales sont achetées à coup de millions d’euros par le patronat. Où va l’argent des syndicats ? L’affaire de la rénovation de l’appartement du patron de la CGT, Thierry Lepaon, aux frais de la princesse démontre que les syndicats ne défendent pas les intérêts des travailleurs mais bien leurs intérêts personnels.

Je pense que l’avenir du syndicalisme, s’il lui en reste un, est dans une ligne à la fois militante, contestataire, corporatiste, autonome, indépendante et revendicative.

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Interview du 18 septembre 2014

Qu’est le syndicat France Police ?

France Police est un syndicat professionnel indépendant, autonome et corporatiste, c’est sa force. Chez nous, ce sont les militants qui fixent la ligne syndicale et pas les grandes centrales syndicales qui passent leur temps à critiquer la police. Nous, on défend exclusivement les intérêts des fonctionnaires de la police nationale, on ne confond pas nos intérêts avec ceux des enseignants ou des cheminots.

Vous serez candidat aux élections professionnelles qui se dérouleront du 1er au 4 décembre 2014 au sein des personnels du ministère de l’Intérieur. Pourquoi France Police, participe-t-il à cette élection ?

Pour proposer une véritable alternative syndicale crédible autour d’un projet réaliste face au marasme dans lequel est plongée notre institution.

Quelle est aujourd’hui la situation sociale, logement, salaire, faite aux personnels de la police nationale et plus particulièrement aux policiers de base ?

La situation sociale est désastreuse. Le pouvoir d’achat des policiers est en berne. Ils contractent souvent des crédits pour s’en sortir et tombent ainsi dans le surendettement. Ils n’arrivent pas à se loger correctement dans les grandes villes. Les logements sociaux qui leur sont proposés se situent souvent dans des quartiers sensibles où il est très dangereux d’habiter. Les salaires ne correspondent pas au niveau de responsabilités et aux risques inhérents à notre profession. Les différentes fondations qui font office de comités d’entreprises rendent un service très insuffisant. Les mutuelles professionnelles sont chères et leurs couvertures, selon les contrats, sont aléatoires. En raison des contraires horaires et des dépassements réguliers du temps de travail, les collègues rencontrent les plus grandes difficultés pour faire garder leurs enfants.

Madame Taubira, prétend que sa réforme est au service de l’ensemble de la population, n’est-elle pas plutôt au service de ceux que par « gentillesse » le ministre Chevènement appelait « les sauvageons » ?

Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, 100.000 condamnations fermes n’étaient pas exécutées du fait d’un manque de places dans les prisons et du refus d’en construire. D’une certaine manière, Christiane Taubira a raison ! À quoi bon prononcer des peines d’emprisonnement qui ne seront jamais exécutées ? Sa réforme aura au moins le mérite de régler le problème de la surpopulation carcérale, mais elle aggravera considérablement le problème de l’insécurité. C’est un choix. Notre parc carcéral n’a suivi ni l’évolution démographique de la population française ni l’évolution de la criminalité. L’idéologie selon laquelle l’incarcération n’est pas la solution a finalement triomphé. Cette réforme pénale est la concrétisation du discours consistant à dire que les délinquants ne sont pas responsables de leurs actes, que c’est la faute de la France. Dès lors, on accorde « aux sauvageons » selon Chevènement ou à « la racaille » version Sarkozy, un « droit » de commettre des infractions pour obtenir réparation d’un préjudice imaginaire en mettant la France à feu et à sang.

Quelle est votre analyse de la situation dans ce que l’on nomme « les quartiers sensibles », ou les quartiers « populaires » tout est fait d’ailleurs pour euphémiser et donc éviter de parler des cités habitées à 90 % par des immigrés, légaux ou clandestins ? La sécurité des Français est-elle assurée ?

L’ordre public n’est plus maintenu dans les banlieues. La première menace est le terrorisme islamique souvent en lien avec les gangs de narcotrafiquants. La seconde menace est liée à l’insuffisance d’infrastructures psychiatriques et au manque de prises en charge des patients atteints de troubles mentaux graves qui sont potentiellement dangereux pour la société. Enfin, la troisième menace est liée aux atteintes aux biens avec une criminalité organisée itinérante très mobile à travers toute l’Europe qui pille tout sur son passage. Les cités ne sont pas peuplées à 90 % par des étrangers. Les naturalisations en augmentation constante et les enfants de parents étrangers nés sur le territoire français font qu’aujourd’hui une très large majorité de la population qui vit dans les banlieues est de nationalité française, et pourtant les tensions communautaires et les revendications religieuses augmentent. La libanisation de la société française est malheureusement en marche. Sur la question du terrorisme, les affaires Merah et Nemmouche ont totalement changé la donne. Maintenant dans chaque racaille ou dans chaque sauvageon se cachent potentiellement un Merah ou un Nemmouche. En 2005, lorsque j’ai dénoncé le caractère religieux des émeutes, parlé d’intifada et demandé l’intervention de l’armée dans les banlieues, j’ai été très durement critiqué.

Après l’affaire Mohammed Merah, après les affrontements quasi quotidiens entre la police et les « jeunes » pensez-vous que vos collègues acceptent de gaîté de cœur de servir de cible sans pouvoir répondre ? Alors que bien souvent la justice donne le sentiment de défendre les voyous plutôt que les policiers, l’action de la police est-elle selon vous reconnue par la population ?

Oui, notre action est reconnue par la population lorsqu’elle est victime et qu’on a interpellé l’auteur ! Plus sérieusement, actuellement, même si les juges prononçaient des peines fermes tout azimut, elles ne seraient de toute façon pas exécutées faute de places dans les prisons. Dès lors, les juridictions font du tri lors des audiences correctionnelles. Pourtant, six grandes orientations changeraient radicalement la donne. 1° le principe d’individualisation de la peine doit être restreint. Lorsqu’on est reconnu coupable, les peines prononcées doivent s’approcher le plus possible des sanctions encourues. 2° il faut renoncer au système de confusion de peines et opter pour le système de cumul de peines. 3° il faut porter notre capacité carcérale à 110.000 détenus. 4° il faut frapper au porte-monnaie ; confiscation systématique et définitive des biens mal-acquis. 5° il faut donner des moyens à la psychiatrie. 6° il faut réinstaurer la double peine et expulser les étrangers condamnés.

Ces derniers mois, plusieurs affaires ont relancé le débat, sur la légitime défense, ainsi, ce braqueur qui avait tenté un vol chez un bijoutier de la Marne, avec une arme tirant des munitions en plastique s’est retrouvé face à un commerçant qui, lui, avait une arme à balles réelles. Ce braqueur multirécidiviste qui avait déjà fait de nombreuses années de prison est mort de ses blessures. À Marseille, c’est un buraliste, qui a tiré sur des malfaiteurs. Un des braqueurs, âgés de 17 ans, a été blessé à la jambe. L’affaire du bijoutier de Nice, en septembre dernier, a fait également grand bruit un commerçant de 67 ans, qui a ouvert une bijouterie au chiffre d’affaires modeste, avait été victime d’une première attaque en 2012, un vol à la disqueuse le 11 septembre, il a tué, d’une balle dans le dos, l’un des deux braqueurs qui venait d’attaquer son magasin. En 2002, la cour d’assises du Tarn-et-Garonne a acquitté un boucher qui avait tué un cambrioleur, venu s’introduire chez lui avec un complice, en décembre 1999. La mort de ce garçon avait d’ailleurs à l’époque, provoqué des incidents dans le quartier de Montauban où résidait la victime. Toutes ces affaires et tant d’autres posent la question de la légitime défense, pensez-vous que celle-ci est la réponse des citoyens à ce qu’ils vivent comme une incapacité de la police ? Je pense surtout que les gens ont peur et qu’ils se disent « il vaut mieux que je tire le premier ». Les gens s’arment plus par peur que pour jouer au shérif. C’est l’explosion de la criminalité et la violence avec laquelle elle est commise qui provoquent l’augmentation des faits divers que vous citez. La police est rendue en partie inopérante à cause d’une mauvaise priorisation des missions et d’une procédure pénale qui freine la résolution des affaires en raison de sa lourdeur et des droits exorbitants accordés à la défense au cours de l’enquête pénale. Pensez-vous que cette « pseudo » incapacité est due à la vision par vos collègues de la démission de la justice relâchant une majorité des délinquants ?

Non, c’est plus un problème de moyens que de motivation. On retire chaque jour un peu plus à la police ses moyens d’action. Le travail avec les indics n’existe quasiment plus en raison de l’interdiction des anciens modes de rémunération des sources. La provocation à l’infraction est également interdite. Les relations entre le policier et sa source ne doivent pas prendre la forme de chantage. Autrement dit, les indics n’ont plus rien à gagner à balancer et il n’est plus possible de mettre un peu de pression psychologique sur eux. Je ne crois pas qu’on peut faire de la bonne police sans renseignement, c’était une évidence bien avant Fouché. La garde à vue ne sert plus à la manifestation de la vérité, mais uniquement à garantir toujours plus de droits aux mis en cause. On est en train de tuer la police judiciaire et donc de mettre en péril l’ordre républicain.

Et les autres syndicats au sein de la police nationale ?

Le piston est un véritable cancer dans la fonction publique. Ce système a été créé et entretenu par et pour les syndicats. Leur vision du syndicalisme n’est pas la nôtre. Eux se battent pour des exemptions syndicales, des subventions. 1 voix dans l’urne c’est 15 € de subvention. Nous, nous battons pour des idées, pour un projet. L’administration passe toutes les réformes qu’elle veut depuis plus d’une décennie avec la bénédiction des syndicats, du port du matricule à la réforme des retraites en passant par la saisine de l’IGS et de l’IGPN en ligne, ils signent tout, ne s’opposent à rien. À part se critiquer entre eux, les syndicats de police n’aident en rien la police et les policiers. Avec France Police, nous voulons mettre un terme au clientélisme et supprimer la prime au mérite.

Interview recueilli par Julien Miramont

Motion présentée par Michel Thooris lors de l’assemblée générale de France Police le 28 septembre 2014

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La vague de suicides qui frappe notre profession démontre toute la difficulté d’être policier aujourd’hui. Il est urgent de réformer en profondeur notre institution pour améliorer les conditions de travail et de vie des personnels. Si vous me faites confiance, je porterai au scrutin du 4 décembre 2014 au nom du syndicat FRANCE POLICE un projet réaliste de redressement de notre institution.

Réformer les corps et carrières tout d’abord. La réforme de 2004 est un échec cuisant, elle n’a finalement profité qu’à quelques-uns, souvent syndiqués. Aujourd’hui, cette réforme est responsable de la saturation complète du système d’avancements.

Il faut donc réformer pour fluidifier les carrières et ouvrir de nouvelles perspectives.

Je propose la création d’un corps de catégorie C composé d’adjoints de sécurité recrutés sans concours en contrats à durée indéterminée avec une possibilité d’évolution de carrière et de salaire sur trois grades sur obtention d’examens professionnels. Adjoint de sécurité 1er échelon, 2e échelon, 3e échelon et échelon exceptionnel.

Un corps de catégorie B, composé de gardiens de la paix recrutés en externe sur concours avec une possibilité d’évolution de carrière et de salaire sur quatre grades sur obtention d’examens professionnels. Brigadier, brigadier-chef, lieutenant de police et capitaine de police.

Création d’un corps de catégorie A, composé de lieutenants de police recrutés en externe sur concours avec une possibilité d’évolution de carrière et de salaire sur quatre grades. Capitaine de police, commandant de police, commissaire de police, commissaire divisionnaire de police.

Les emplois jeunes d’adjoints de sécurité créés en 1998 sont devenus aujourd’hui indispensables. Une large partie des missions confiées aux ADS était auparavant dévolue aux policiers auxiliaires, tout aussi indispensables. Il faut sortir de la précarisation cette catégorie de personnels, pérenniser ces emplois et ouvrir des perspectives d’évolution de carrière et salaire aux adjoints de sécurité qui n’arrivent pas à réussir le concours de gardien de la paix.

Cette réforme offrirait aux gardiens de la paix la possibilité de basculer en catégorie A sans concours à partir du grade de lieutenant de police et même de terminer leurs carrières au grade de capitaine de police. Le grade de major doit naturellement être supprimé étant donné l’opacité des nominations à ce grade.

Enfin, cette réforme éviterait d’avoir des commissaires de police sans aucune expérience professionnelle à la tête des services sachant que pour devenir commissaire il faudrait obligatoirement passer par les grades de lieutenant, de capitaine et de commandant. Une nouvelle perspective de carrière s’ouvrirait ainsi pour les lieutenants et le chevauchement entre les corps de catégorie B et A sur les grades de lieutenant et capitaine renforcerait la cohérence de la chaîne hiérarchique et la cohésion de notre institution pour recréer un véritable esprit de famille.

La mise en œuvre de cette réforme nécessiterait évidemment de renégocier l’ensemble des indices de tous les grades de chaque corps. Le passage de grade devrait être effectif dans l’année qui suit la réussite à un examen professionnel. Fini la saturation du système d’avancement. Lors du passage du grade de brigadier-chef à lieutenant, il n’y aurait pas lieu d’envoyer le fonctionnaire en formation initiale, les connaissances en lien avec la fonction ayant été acquises et validées par l’obtention d’un examen professionnel.

Le principe d’égalité serait ainsi respecté entre tous les personnels pour l’avancement. Fini les petits arrangements.

Il n’est plus acceptable d’attendre toute une vie pour muter. Il faut interdire les affectations en province dès la sortie d’école et limiter la création de postes d’adjoint de sécurité dans les départements les plus demandés pour fluidifier les mutations.

Il faut créer un droit au logement opposable. C’est-à-dire l’obligation faite à l’administration de proposer à chaque policier un logement décent dans un quartier sécurisé pour lui et sa famille à un loyer modéré calculé sur les revenus.

Il faut créer un droit à l’avancement opposable. C’est-à-dire l’obligation faite à l’administration de nommer dans le grade supérieur un fonctionnaire ayant réussi un examen professionnel dans l’année qui suit l’obtention dudit examen.

Il faut mettre un terme définitif au piston qui gangrène notre institution, on ne peut plus l’accepter.

Je propose de supprimer la prime au mérite souvent injustement attribuée à la gueule et de répartir son montant global à l’ensemble des policiers.

Il faut supprimer les subventions accordées aux syndicats. Un syndicat doit vivre des adhésions de ses membres, pas de l’argent public. On pourra répartir l’enveloppe globale de subventions accordées aux syndicats à l’ensemble des policiers et ainsi donner un petit coup de pouce à leur pouvoir d’achat.

Il faut supprimer le système de notations. Chaque année, trop de fonctionnaires voient leur note abaisser et / ou leur appréciation dévaluée par leur hiérarchie sur la base de critères purement subjectifs ou sur fond de règlements de compte.

Je propose également de supprimer le port apparent du matricule ainsi que la saisine en ligne de l’I.G.S. et de l’I.G.P.N. Ces deux mesures jettent le discrédit sur notre profession et affaiblissent notre action vis-à-vis des mis en cause.

Il faut redonner tout son sens à l’assermentation. Il n’y a pas lieu de demander à un fonctionnaire de s’expliquer sur une infraction qu’il a constaté même si sa réalité a été contestée par le mis en cause.

Je propose de supprimer la tenue « service général » et de doter l’ensemble des fonctionnaires de la tenue « maintien de l’ordre », mieux adaptée aux réalités des missions auxquelles les directions sont confrontées au quotidien.

Mes amis, tolérance zéro en matière d’outrages, de rébellions et de violences contre les A.F.P. ! Ces infractions doivent obligatoirement être jugées devant une chambre correctionnelle. Nous sommes opposés à toutes mesures alternatives comme le rappel à la loi, la convocation devant le délégué du procureur ou encore la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Ces infractions sont graves, elles doivent être jugées publiquement et pas dans les alcôves des tribunaux.

Je propose de revaloriser la prime OPJ de 50 € à 180 € par mois. Cette prime devra être versée à l’OPJ par le ministère de la justice qui règle bien 300 euros d’honoraires à l’avocat qui intervient lors d’une mesure de garde à vue.

Vous voyez mes amis, le projet que je souhaite porter avec mon bureau est fort et réaliste.

Les syndicats actuellement aux affaires ne défendent ni la profession ni les collègues. Ils passent leur temps à se critiquer entres eux, signent tout, ne s’opposent à rien. Les syndicats actuellement aux affaires portent l’entière responsabilité de la situation actuelle. Les collègues ont le droit de pouvoir voter pour autre chose que pour ces syndicats-là qui font partie intégrante du système.

Faire vivre le pluralisme syndical au sein de la police nationale, c’est tout le sens de notre candidature le 4 décembre 2014.

Si vous me faites confiance, je pourrai porter avec mon bureau et vous tous au nom de FRANCE POLICE ce beau projet ambitieux au service de nos collègues, de notre maison et de notre pays.