Syndicat de police. Ministère de l'Intérieur. Quatrième puissance syndicale du ministère de l'Intérieur et première force d'opposition de la police nationale !
Dimanche dernier Frédéric L, CRS de 49 ans affecté à la CRS 39, marié, père de deux enfants s’est suicidé à son domicile.
Les raisons de son geste sont encore inconnues, quel que soit le résultat de l’enquête nous ne pouvons écarter l’impact qu’a le métier de policier sur l’état psychologique des agents, sur leur vie personnelle et familiale. Toujours davantage sollicités, faisant face à l’ultra violence, au manque de reconnaissance, régulièrement mis en accusation, abandonnés ou peu soutenus en interne, pression hiérarchique pesante, politique du chiffre, perte de sens au travail ; Exerçant le plus souvent dans de mauvaises conditions, exposés au stress permanent et mal accompagnés durant leur carrière… Comment ne pas sombrer dans ce mal-être?
Depuis le début de l’année 2025, ce ne sont pas moins de 8 suicides de Policiers Nationaux. Nous n’oublions pas aussi nos collègues Gendarmes victimes également de ce mal-être, tout comme nos collègues Policiers Municipaux de plus en plus touchés, à l’image de Diego D, Policier Municipal à TOULON qui s’est aussi donné la mort jeudi dernier.
« Les mêmes causes produisant les mêmes effets… »
Nos pensées vont particulièrement à leurs enfants, à leurs conjoints et à leurs proches.
Après avoir expérimenté la semaine de quatre jours dans une dizaine de services judiciaires et d’investigations à travers la France, c’est au tour de Roubaix de se voir supprimer ce cycle de travail.
Sans concertation aucune avec les enquêteurs concernés, pourtant en grande majorité satisfaits par ce cycle, sans concertation avec les représentants du personnel, l’administration, à la suite d’un rapport émis par l’IGPN a décidé de mettre fin prématurément à l’expérimentation, alors que l’état des troupes en investigation était déjà au plus bas ces dernières années, et pour cause:
Manque d’effectif criant dû au manque d’attractivité.
Surcharge de travail insoutenable.
Logiciels inopérants et obsolètes.
Promiscuité dans les locaux
Lourdeur procédurale et administrative.
Perte de sens du travail, quantité au détriment de la qualité.
Il ne suffisait plus qu’à mettre le coup de grâce pour définitivement saper le moral des enquêteurs et dissuader quiconque de vouloir à son tour crouler sous les procédures.
Aujourd’hui, les services de police et particulièrement les services judiciaires paient l’augmentation des crimes et délits longtemps niés, mais aussi « la politique du parapluie » et la judiciarisation systématique menée depuis des années et imposée aux agents. Cela ne laisse plus la place au libre arbitre des agents qui ne peuvent plus apprécier l’opportunité ou pas d’une prise de plainte; A cela vient s’ajouter les plaintes en ligne que les enquêteurs doivent traiter, même si in fine, malgré l’attente des victimes, grand nombre d’entre elles seront classées ou feront l’objet de l’apurement des stocks (mesure mise en place par le précédent garde des sceaux qui consiste en l’abandon et la destruction des procédures non jugées), faisant fi de l’énergie déployée par les agents et des nombreuses heures consacrées.
Comment espérer susciter encore des vocations pour l’investigation quand rien n’est réuni pour rendre les services judiciaires attractifs???
C’est avec tristesse et désolation que nous avons appris la mort de deux de nos collègues exerçant dans les Yvelines, le premier âgé de 37 ans, père de deux enfants et le deuxième âgé de 27 ans en couple. Une enquête doit déterminer les causes des décès bien que la piste du suicide soit privilégiée.
Il est évident que le suicide est un fléau qui encore aujourd’hui n’est pas traité à la hauteur des dégâts qu’il cause dans notre profession, en effet malgré les numéros verts mis à disposition et les mesurettes annoncées et mises en place au compte goutte durant ces dernières années, cela s’avère insuffisant; les causes profondes ne sont pas traitées, les agents détectés ou signalés en souffrance sont mal accompagnés, les traumatismes subis dans l’exercice du métier sont niés et négligés, les pressions hiérarchiques dénoncées régulièrement par les représentants du personnel sont tabous ainsi que les objectifs inatteignables fixés, balayés. Le stress généré, répété au fil des interventions est dévastateur et ne fait l’objet d’aucun suivi ni debrief, les agents ne bénéficient encore à ce jour d’aucune formation sur la gestion du stress. Comment les agents pourraient ne pas ressentir un malaise profond alors qu’ils sont trainés dans la boue, discrédités et désavoués quasi-quotidiennement, lorsque la perte de sens du métier les gagne, que les conditions de travail, tant au niveau des moyens humains que matériels, sont insuffisantes et qu’ils exercent chaque jour dans des locaux insalubres et indignes.
Comment peut-on encore nier l’impact de notre métier sur le psyché des agents et dans leur vie privée et omettre le lien généré par le stress avec des dépressions et le nombre de suicide dans notre profession.
Si les causes de la mort de nos deux collègues s’avéraient être des suicides, le décompte macabre dans la police serait de 6 depuis le début de l’année.
Nos pensées vont à leurs familles, leurs proches, leurs collègues …
Dès le premier jour nous avons fait part de notre solidarité auprès de notre collègue Florian, policier exemplaire, qui, dans le cadre de ses missions de sécurité du quotidien, a estimé devoir faire usage de son arme pour sauver sa vie mais aussi celle des éventuelles victimes qu’aurait pu causer ce délinquant à bord d’un bolide lancé à toute allure s’il avait repris sa course folle sans l’intervention des policiers mis en cause aujourd’hui.
Une fois encore, nous dénonçons le statut juridique qui met sur le même plan d’égalité le tueur de la petite Philippine et nos collègues policiers faisant usage de leurs armes pour sauver la vie d’innocents ou la leur en les désignant comme des meurtriers.
Comment espérer que des policiers et gendarmes continuent à exercer leur métier sereinement alors que, à coup sûr, leur sort est réglé dès le premier jour sans même bénéficier de la présomption d’innocence et ce afin de satisfaire l’opinion publique espérant ainsi éviter des émeutes.
Malgré des révélations et une enquête journalistique moins lapidaire à l’égard des deux motocyclistes mis en cause, il semblerait qu’il soit préférable de les sacrifier de manière à acheter « la paix sociale ».
Il fût un temps où la police était respectée et où les motards étaient désignés comme « les anges de la route », les temps ont changé, les valeurs aussi !!!
Aujourd’hui l’ange désigné est celui qui refuse un contrôle de police et met en danger de mort d’autres usagers…
Total soutien, solidarité et affection à nos collègues et à leurs familles qui vivent un enfer.
Une condamnation exemplaire comme nous espérerions qu’il en soit ainsi aussi lorsque les policiers, les gendarmes ou leurs familles sont menacés.
Malheureusement nous déplorons que ces menaces de représailles, de mort à l’encontre des personnels des forces de sécurité ne fassent l’objet trop souvent que de sanctions contraventionnelles ou de sursis, lorsqu’elles ne sont pas tout simplement classées sans suite.
Le fait est que même lorsque la vie des agents est mise en péril la condamnation est RIDICULE, alors que dire lorsqu’il s’agit de « quelques » menaces?
Schiltigheim : Quatre mois de sursis et 150€ d’amende pour avoir percuté un policier lors d’un refus d’obtempérer
Un adolescent de 17 ans a été condamné à quatre mois de prison avec sursis et 150 euros d’amende après avoir percuté un policier municipal à Schiltigheim (Bas-Rhin) en avril dernier. Une décision qui a provoqué la colère d’un syndicat de policiers.
Un policier municipal avait été percuté à Schiltigheim en avril dernier. (captures écran vidéo)
En avril dernier, un adolescent de 17 ans circulant à motocross avait refusé d’obtempérer et percuté un policier municipal à Schiltigheim, dans la banlieue de Strasbourg (Bas-Rhin). Une scène qui avait été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Jugé ce lundi, le mis en cause a écopé d’une peine de quatre mois de prison avec sursis pour blessures involontaires et d’une amende de 150 euros pour le refus d’obtempérer.
Nous réclamons que des sanctions pénales soient appliquées avec la même sévérité aux auteurs qui s’en prennent aux forces de l’ordre.
Assez de ces déclarations, de ces discours devenus insupportables devant les corps mutilés de nos camarades, les corps froids de nos amis, disparus parce qu’un meurtrier en a décidé ainsi en ne s’arrêtant pas et fonçant délibérément sur un policier, un gendarme, un douanier.
Face à l’hécatombe, les discours ne suffisent plus, il faut des actes forts.
Comment peut-on prétendre faire la guerre au narcotrafic, éradiquer le crime organisé lorsque les agents des forces de sécurité n’osent plus faire usage de leurs armes (au risque d’être poursuivis pour homicide volontaire et finir en prison), alors même que leur vie, leur intégrité physique est menacée face à des criminels prêts à tout pour fuir, utilisant des armes ou leur véhicule comme tel. Ceux-ci en revanche, ne sont poursuivis, trop souvent, que pour homicides involontaires ou encore violences ayant entrainé la mort sans intention de la donner ou simplement pour des violences sur PDAP comme par exemple lorsqu’un policier municipal est fauché par une moto cross à Shiltigheim.
Il est indispensable que le législateur s’empare de ce fait devenu « la norme » qui considère qu’un agent faisant usage de son arme dans pareille circonstance est « un criminel ». C’est pour cela que nous ne cessons d’exiger un cadre légal spécifique, plus protecteur que la légitime défense et l’article L 435-1 du CSI, qui mettrait à l’abri de poursuites pénales criminelles, un agent des forces de sécurité qui dans le cadre de sa fonction, en mission, ferait usage de son arme dès lors que sa vie serait en péril ou son intégrité physique gravement menacée étant entendu que l’enquête déterminerait toujours, à l’issue, la pertinence de l’usage de l’arme ou de la force.
La peur doit changer de côté et ne doit plus être seulement du côté des forces de l’ordre.
Nous souhaitons un prompt rétablissement à notre collègue gendarme.