




À l’approche de la nouvelle année, nous pensons particulièrement à tous les agents du service public qui travaillent cette nuit et sont trop souvent sous-estimés. Parmi eux figurent le personnel de santé, les sapeurs-pompiers, les gendarmes et policiers, ainsi que d’autres travailleurs essentiels comme ceux des collectivités territoriales, qui auront la lourde tâche de remettre nos rues en ordre après les méfaits de la nuit. Leur statut est régulièrement remis en question tant par l’exécutif que par le Sénat, qui suggèrent tour à tour de reporter l’âge de départ à la retraite, d’augmenter le nombre de jours de carence ou encore de maintenir la perte de salaire lors des arrêts maladie. Ces décisions négligent la spécificité de leur fonction et ne prennent pas en compte les contraintes et obligations auxquelles ils font face, notamment lors des fêtes où ils continuent de veiller sur la population.
Nous espérons que 2026 ne soit pas un mauvais remake de l’année 2025 qui a été pour les agents de la fonction publique la preuve d’un profond mépris et celle d’une profonde méconnaissance de nos missions.






Au fil de l’année 2025, le quotidien des policiers s’est considérablement durci. Les faits récents illustrent la violence à laquelle sont confrontés les agents sur le terrain : le 10 novembre à Bourges, un policier de la BAC a été pris pour cible et blessé par balle lors d’une intervention sur un cambriolage. Quelques semaines plus tard, le 3 décembre à Castres, dans le quartier de Lameilhé, deux policiers ont été blessés à la tête et un troisième au torse, visés par des tirs provenant d’un véhicule en fuite. Le même jour à Marseille, dans le quartier de la Castellane, trois policiers de la BAC ont été violemment agressés alors qu’ils procédaient à l’interpellation d’un individu. Ces exemples, loin d’être isolés, témoignent d’une multiplication des actes de violence envers les forces de l’ordre.
Chaque jour, ce sont en moyenne dix-huit policiers qui sont blessés sur le territoire, soit plus de 6 000 agents victimes de violences chaque année du fait d’une tierce personne.
Les récentes déclarations publiques évoquant le risque de « mexicanisation » de notre pays et la prise de conscience de certains responsables apparaissent malheureusement bien tardives. Les quartiers sont profondément affectés par les trafics, les villes submergées par les stupéfiants, et les campagnes désormais touchées, au grand désarroi des habitants.
Depuis des décennies, les forces de sécurité, qu’il s’agisse des enquêteurs ou du personnel de terrain, luttent sans relâche contre ces fléaux. Acteurs de première ligne, ils observent impuissants la montée de l’insécurité et la dégradation de la situation, tout en tentant d’alerter les décideurs, souvent en vain. Il est frappant de constater que, malgré les déclarations alarmantes de magistrats spécialisés dans la criminalité organisée, certaines personnalités influentes préfèrent taire la réalité. Elles diffusent un message erroné selon lequel notre société ne serait traversée que par un « sentiment d’insécurité », niant ainsi l’évidence de la situation actuelle.
La France n’est plus simplement menacée de « mexicanisation » : elle présente déjà tous les signes caractéristiques de ce phénomène, tels que la corruption, les intimidations et les exécutions. La situation empire chaque jour, les délinquants n’hésitant plus, depuis quelques années, à s’en prendre physiquement aux forces de l’ordre, quelles qu’en soient les conséquences. Ils n’hésitent plus à ouvrir le feu sur la police lorsque celle-ci intervient sur ce qu’ils considèrent être leur territoire ou qu’elle perturbe leurs activités.
Face à cette délinquance assumée et à cette criminalité débridée, les forces de l’ordre semblent démunies. Les outils réglementaires et législatifs actuels ne permettent plus d’imposer l’autorité nécessaire pour reconquérir les territoires tombés aux mains des narcotrafiquants. Cette impuissance est d’autant plus grande que les modes d’action des policiers sont systématiquement contestés, les agents suspectés et mis en cause, et leur autorité remise en question.
Face à l’essor du narcotrafic, la France semble s’approcher dangereusement des dérives criminelles observées dans certains pays d’Amérique latine tels que la Colombie, le Mexique ou encore le Brésil. Il est donc impératif, pour éviter de compter quotidiennement des morts dans les rangs de la police comme on compte aujourd’hui les blessés, de mieux protéger les forces de l’ordre. C’est un appel solennel qui est lancé aux législateurs et à l’exécutif, afin de donner aux policiers et aux gendarmes les moyens d’affronter des individus prêts à tout.
