Le 29 août 2025, un policier de Grasse dans les Alpes-Maritimes s’est suicidé.

Les Alpes-Maritimes une nouvelle fois touchées par le drame du suicide d’un policier. Vendredi Alexandre, 50 ans, marié et père d’un enfant, policier à Grasse, Major et représentant du personnel, s’est donné la mort à son domicile avec son arme de service.

Une enquête interne devrait déterminer les causes de son suicide.

Le mal-être des personnels et particulièrement des policiers n’est plus à démontrer. Depuis le début de l’année ce sont quinze policiers qui se sont suicidés; Et pourtant, malgré l’augmentation des signaux forts s’agissant du mal-être des agents (burn-out, dépressions, arrêts maladie, tentatives de suicide, mais aussi, démissions, demandes de rupture conventionnelle…), ainsi que les signalements faits à ce sujet, nous constatons que l’accompagnement des agents en difficulté n’a pas évolué au sein des services, pas plus que les méthodes de « management toxique » dont de nombreux policiers se plaignent, et ce malgré les directives Ministérielles et les mesures positives pourtant préconisées ces dernières années.

Il est à déplorer que l’essentiel des problématiques dénoncées localement par des personnels ou leurs représentants, font encore trop souvent l’objet de dénégations, ou ne sont pas pris au sérieux par certaines directions ou chefs de service pour lesquels les conditions de travail des agents et le management positif ne sont pas les priorités.

Le mal être au travail a forcément des conséquences sur la vie privée des agents, aussi nous affirmons que si les agents sont respectés et considérés, dans leurs services comme sur la voie publique, ils seront plus à même de pouvoir affronter les difficultés rencontrées dans leur vie personnelle.

En ces instants douloureux, toutes nos pensées vont vers la famille et les proches d’Alexandre qui durant sa vie à veiller sur les autres

14ème suicide dans les rangs de la police…

Jeudi 21 août 2025, le Commissaire Vincent LEBLOND s’est suicidé avec son arme de service.

Gardien de la paix, Officier puis Commissaire, il exerçait à Cannes dans les Alpes Maritimes. Agé de 50 ans, père de deux enfants, il avait officié durant de nombreuses années en région parisienne, notamment dans le VIIIème et à la BAC 75 N.

C’est encore un policier qui est parti, mais aussi un père de famille, un mari, un fils, un ami.

Nous nous associons à la peine qui est celle de sa famille et de ses proches et nous continuons à exiger une véritable réflexion sur les causes du suicide dans la police, et du mal être des policiers afin que des mesures fortes soient prises, et surtout appliquées, pour endiguer ce phénomène qui touche particulièrement notre profession.

13ème suicide dans la police.

Le vendredi 01 août 2025, Sébastien R, âgé de 30 ans seulement, policier à Dunkerque au SLPJ s’est suicidé à son domicile avec son arme de service.

Les difficultés rencontrées au sein des services, les sollicitations excessives, le manque de reconnaissance, ainsi que les agressions violentes, quotidiennes, subies sur la voie publique partout sur le territoire, à l’image récemment de nos collègues de Marseille, génère du stress qui n’est pas étranger au mal être grandissant des policiers. A cela vient s’ajouter le sentiment de ne pas être suffisamment accompagné, de ne pas être entendu par une chaine hiérarchique, trop souvent absente en cas de difficultés, qui ne met pas tout en œuvre pour améliorer les conditions de travail ou encore garantir la sécurité des agents lors de leurs interventions.

Nous ne pouvons nous résigner à voir des collègues s’ôter la vie, être blessés ou handicapés lors des missions, ou bien être traumatisés le reste de leur vie après avoir été sauvagement attaqués, ou encore à compter les morts en service, sans exiger auprès de nos institutions que des mesures fortes soient prises rapidement pour enrayer ces phénomènes devenus banalités et ainsi, enfin, protéger les policiers trop souvent méprisés et désavoués dans notre société.

Nous présentons nos condoléances à la famille et aux proches de notre collègue Sébastien qui va laisser un grand vide autour de lui.

JUILLET 2025: Douzième suicide dans les rangs de la police.

Hier, à l’Assemblée Nationale, un émouvant hommage était rendu par le Gouvernement et par ses pairs à Monsieur le Député Olivier MARLEIX qui a mis fin à ses jours. Aujourd’hui, ce sont les Sénateurs qui lui ont rendu un hommage mérité.

La semaine dernière le 3 juillet, Hugues, policier de 49 ans, CRS affecté à Montauban, s’est suicidé à son domicile. Le samedi, c’était au tour de Claire, policière à la PJ de Paris de se suicider sur son lieu de travail.

Depuis janvier 2025, ce sont 12 suicides dans la police (soit 2 par mois en moyenne); 3 suicides dans la gendarmerie; Plus de mille ces deux dernières décennies, « SILENCE RADIO… », nos camarades partent dans l’indifférence, ils sont devenus transparents; Aucune déclaration publique, aucun message des services com’ de l’administration, pas d’hommage, pas de cérémonie, des enquêtes qui concluent généralement à des problèmes personnels, uniquement de l’indifférence pour des hommes et des femmes qui eux aussi ont pourtant servi la France.

Le suicide est un des grands sujets tabou tant dans la police que dans la gendarmerie dont personne ne veut véritablement s’occuper. Des « mesurettes » ont été mises en place, permettant ainsi de justifier un pseudo-intérêt sur le sujet, alors même que les véritables difficultés et souffrances vécues quotidiennement au travail et dénoncées par les personnels et leurs représentants sont ignorées ou niées.

A notre façon et à travers ces quelques mots nous voulons également rendre un hommage à tous nos collègues oubliés, à tous nos camarades et amis qui sont partis trop tôt et que NOUS n’oublions pas, que NOUS n’oublierons jamais, même si rien n’est organisé pour honorer leur mémoire. Nous n’oublions pas non plus la souffrance de leurs familles et les larmes de leurs enfants dont le parent était lui AUSSI un serviteur du bien, un héros à sa façon dans une société parfois peu reconnaissante.

Le siège de la police judiciaire de Paris endeuillé.

Samedi 5 juillet, une policière âgée de 35 ans s’est donnée la mort sur son lieu de travail. Cette Capitaine de police, appréciée de tous selon ses collègues, a été retrouvée sans vie dans la salle de sport après avoir retourné son arme administrative contre elle. Exerçant auparavant à la brigade de protection des mineurs, elle était affectée à la brigade criminelle depuis janvier dernier. Nos plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

Ainsi, comme le mois dernier à Levallois-Perret au siège de la DGSI et les mois précédents, notre jeune collègue vient remplir le rang des policiers qui seront passés à l’acte, faute d’anticipation, d’accompagnement et d’attention tout au long de leur carrière.

L’exercice de ces métiers où l’on côtoie directement l’ignoble, le sordide, l’inacceptable, peut parfois engendrer certains troubles chez des agents, auxquels viennent s’ajouter des sollicitations permanentes, une surcharge de travail avec une augmentation des missions mais aussi des conditions de travail dégradées. A cela s’est ajouté de manière insidieuse et sournoise un phénomène destructeur à long terme, décomplexé durant ces dernières années. Il se traduit à travers des pressions, parfois des menaces, des brimades ou des sanctions déguisées, exercées sur des agents, par des membres qui composent la chaîne hiérarchique (demande de rapport systématisé, culpabilisation des agents, changement de service d’office, mise en concurrence entre les agents, non respect des règles qui régissent la promotion au sein des administrations, etc.) en plus du déni des difficultés rencontrées au quotidien par les personnels (manque d’effectif, conditions de travail dégradées, locaux insalubres, manque de considération…). L’ensemble de ces facteurs sont aggravants et favorisent le stress vécu par les agents, les burn-out et les dépressions, particulièrement lorsqu’on y additionne un management inapproprié, agressif et toxique, désigné trop souvent par les autorités, quand cela est dénoncé, comme étant « à l’ancienne » ou encore « un peu à la dure ».

Comment ne pas s’interroger davantage sur le nombre de suicides quasi constant dans notre profession et leurs causes. Années après années, ce fléau touche principalement les agents du corps des CEA (qui subissent l’ensemble des difficultés, extérieures et intérieures, de notre métier) mais aussi parfois celui des Officiers, à l’image de notre jeune collègue samedi dernier ou encore d’Elisabeth GABET, Capitaine de police à Montpellier, dont personne n’a oublié les circonstances de son suicide en 2019, et dont tout un chacun, lui reconnaissait son professionnalisme, ses compétences, sa gentillesse et sa bienveillance, à l’exception de son chef de service et de son Directeur.

Il est urgent que des mesures soient véritablement prises autres que :

  • La e-formation concernant les risques de suicides dans la police, faite par les agents au « forceps » et sous la contrainte (en plus de leur travail ou durant leur temps de pause repas),
  • Les seuls 120 psychologues SSPO répartis sur l’ensemble du territoire (DOM-TOM compris) dont les recommandations ne sont pas respectées et le travail n’est pas pris en considération au sein des DIPN,
  • Les sentinelles, malheureusement trop souvent désignées par les chefs de service tout comme les responsables SSCT en charge de veiller aux bonnes conditions de travail.

Aussi, nous réclamons une enquête parlementaire au sujet du suicide dans la police, du harcèlement (sous toutes ses formes) et des méthodes de management utilisées ainsi que des conditions de travail. Selon nous, ce sont les quatre grands axes sur lesquels il est possible d’agir en interne pour proposer des améliorations sur la qualité de vie au travail, inexistante actuellement dans l’immense majorité des services.