


Les Alpes-Maritimes une nouvelle fois touchées par le drame du suicide d’un policier. Vendredi Alexandre, 50 ans, marié et père d’un enfant, policier à Grasse, Major et représentant du personnel, s’est donné la mort à son domicile avec son arme de service.

Une enquête interne devrait déterminer les causes de son suicide.
Le mal-être des personnels et particulièrement des policiers n’est plus à démontrer. Depuis le début de l’année ce sont quinze policiers qui se sont suicidés; Et pourtant, malgré l’augmentation des signaux forts s’agissant du mal-être des agents (burn-out, dépressions, arrêts maladie, tentatives de suicide, mais aussi, démissions, demandes de rupture conventionnelle…), ainsi que les signalements faits à ce sujet, nous constatons que l’accompagnement des agents en difficulté n’a pas évolué au sein des services, pas plus que les méthodes de « management toxique » dont de nombreux policiers se plaignent, et ce malgré les directives Ministérielles et les mesures positives pourtant préconisées ces dernières années.
Il est à déplorer que l’essentiel des problématiques dénoncées localement par des personnels ou leurs représentants, font encore trop souvent l’objet de dénégations, ou ne sont pas pris au sérieux par certaines directions ou chefs de service pour lesquels les conditions de travail des agents et le management positif ne sont pas les priorités.
Le mal être au travail a forcément des conséquences sur la vie privée des agents, aussi nous affirmons que si les agents sont respectés et considérés, dans leurs services comme sur la voie publique, ils seront plus à même de pouvoir affronter les difficultés rencontrées dans leur vie personnelle.
En ces instants douloureux, toutes nos pensées vont vers la famille et les proches d’Alexandre qui durant sa vie à veiller sur les autres…


Jeudi 21 août 2025, le Commissaire Vincent LEBLOND s’est suicidé avec son arme de service.
Gardien de la paix, Officier puis Commissaire, il exerçait à Cannes dans les Alpes Maritimes. Agé de 50 ans, père de deux enfants, il avait officié durant de nombreuses années en région parisienne, notamment dans le VIIIème et à la BAC 75 N.
C’est encore un policier qui est parti, mais aussi un père de famille, un mari, un fils, un ami.
Nous nous associons à la peine qui est celle de sa famille et de ses proches et nous continuons à exiger une véritable réflexion sur les causes du suicide dans la police, et du mal être des policiers afin que des mesures fortes soient prises, et surtout appliquées, pour endiguer ce phénomène qui touche particulièrement notre profession.

Hier, à l’Assemblée Nationale, un émouvant hommage était rendu par le Gouvernement et par ses pairs à Monsieur le Député Olivier MARLEIX qui a mis fin à ses jours. Aujourd’hui, ce sont les Sénateurs qui lui ont rendu un hommage mérité.

La semaine dernière le 3 juillet, Hugues, policier de 49 ans, CRS affecté à Montauban, s’est suicidé à son domicile. Le samedi, c’était au tour de Claire, policière à la PJ de Paris de se suicider sur son lieu de travail.
Depuis janvier 2025, ce sont 12 suicides dans la police (soit 2 par mois en moyenne); 3 suicides dans la gendarmerie; Plus de mille ces deux dernières décennies, « SILENCE RADIO… », nos camarades partent dans l’indifférence, ils sont devenus transparents; Aucune déclaration publique, aucun message des services com’ de l’administration, pas d’hommage, pas de cérémonie, des enquêtes qui concluent généralement à des problèmes personnels, uniquement de l’indifférence pour des hommes et des femmes qui eux aussi ont pourtant servi la France.
Le suicide est un des grands sujets tabou tant dans la police que dans la gendarmerie dont personne ne veut véritablement s’occuper. Des « mesurettes » ont été mises en place, permettant ainsi de justifier un pseudo-intérêt sur le sujet, alors même que les véritables difficultés et souffrances vécues quotidiennement au travail et dénoncées par les personnels et leurs représentants sont ignorées ou niées.
A notre façon et à travers ces quelques mots nous voulons également rendre un hommage à tous nos collègues oubliés, à tous nos camarades et amis qui sont partis trop tôt et que NOUS n’oublions pas, que NOUS n’oublierons jamais, même si rien n’est organisé pour honorer leur mémoire. Nous n’oublions pas non plus la souffrance de leurs familles et les larmes de leurs enfants dont le parent était lui AUSSI un serviteur du bien, un héros à sa façon dans une société parfois peu reconnaissante.

Ainsi, comme le mois dernier à Levallois-Perret au siège de la DGSI et les mois précédents, notre jeune collègue vient remplir le rang des policiers qui seront passés à l’acte, faute d’anticipation, d’accompagnement et d’attention tout au long de leur carrière.
L’exercice de ces métiers où l’on côtoie directement l’ignoble, le sordide, l’inacceptable, peut parfois engendrer certains troubles chez des agents, auxquels viennent s’ajouter des sollicitations permanentes, une surcharge de travail avec une augmentation des missions mais aussi des conditions de travail dégradées. A cela s’est ajouté de manière insidieuse et sournoise un phénomène destructeur à long terme, décomplexé durant ces dernières années. Il se traduit à travers des pressions, parfois des menaces, des brimades ou des sanctions déguisées, exercées sur des agents, par des membres qui composent la chaîne hiérarchique (demande de rapport systématisé, culpabilisation des agents, changement de service d’office, mise en concurrence entre les agents, non respect des règles qui régissent la promotion au sein des administrations, etc.) en plus du déni des difficultés rencontrées au quotidien par les personnels (manque d’effectif, conditions de travail dégradées, locaux insalubres, manque de considération…). L’ensemble de ces facteurs sont aggravants et favorisent le stress vécu par les agents, les burn-out et les dépressions, particulièrement lorsqu’on y additionne un management inapproprié, agressif et toxique, désigné trop souvent par les autorités, quand cela est dénoncé, comme étant « à l’ancienne » ou encore « un peu à la dure ».
Comment ne pas s’interroger davantage sur le nombre de suicides quasi constant dans notre profession et leurs causes. Années après années, ce fléau touche principalement les agents du corps des CEA (qui subissent l’ensemble des difficultés, extérieures et intérieures, de notre métier) mais aussi parfois celui des Officiers, à l’image de notre jeune collègue samedi dernier ou encore d’Elisabeth GABET, Capitaine de police à Montpellier, dont personne n’a oublié les circonstances de son suicide en 2019, et dont tout un chacun, lui reconnaissait son professionnalisme, ses compétences, sa gentillesse et sa bienveillance, à l’exception de son chef de service et de son Directeur.

