Syndicat de police. Ministère de l'Intérieur. Quatrième puissance syndicale du ministère de l'Intérieur et première force d'opposition de la police nationale !
Encore un refus d’obtempérer à Sèvres dans les Hauts-de-Seine. Une famille, dont une enfant de 16 mois, victime des agissements d’un délinquant de 17 ans et de ses deux « co-auteurs » de 19 ans et 15 ans, tous trois à bord d’un véhicule volé prenant tous les risques durant 10 minutes pour fuir la police.
Au vu de l’état des véhicules, ce comportement criminel aurait pu avoir des conséquences dramatiques pour cette famille.
Le manque de fermeté et les peines encourues n’ont en l’état aucun effet dissuasif sur ces voyous qui se destinent à un avenir de futurs criminels faute de peines exemplaires.
Trop souvent nous constatons et dénonçons des peines dérisoires au regard des risques que font prendre ces voyous aux honnêtes gens et aux forces de l’ordre, renforçant chez eux le sentiment d’impunité.
Nous en appelons une fois encore aux législateurs pour durcir la Loi concernant ces agissements que l’on ne peut considérer comme accidentels et dont les conséquences ne doivent plus être qualifiées « d’involontaires » alors que des individus utilisent un véhicule comme ils utilisent une arme, persuadés que les forces de l’ordre sont limitées voire empêchées.
Depuis des décennies les policiers, les gendarmes et les agents pénitentiaires en première ligne alertaient sur l’augmentation des violences, le trafic de stupéfiants, la criminalité organisée, la radicalisation et le prosélytisme sur notre territoire, pendant que des personnalités politiques, elles, parfois aux responsabilités, tenaient encore un discours rassurant, allant même jusqu’à nier ces réalités et préférant parfois mentir en utilisant le vocable de « sentiment d’insécurité » comme encore récemment.
Alors que notre voisin Italien, victime gangrenée depuis le XIX -ème siècle par les mafias criminelles, est parvenu, à compter des années 1980 à endiguer son développement grâce à une lutte et des dispositifs anti-mafia sans précédent ; en France, nous découvrons depuis seulement quelques mois l’ampleur des dégâts allant jusqu’à oser nommer cette dérive de « NARCOTRAFIC ». Nous payons aujourd’hui l’inaction des années passées et la naïveté généralisée parfois à des fins politiques, d’autres fois par idéologie.
Face à ces « narcotrafiquants », à l’explosion de la criminalité organisée dans notre pays et à la détermination de ces criminels qui bénéficient de fonds financiers illimités, d’armes et de moyens, sans égaux avec ceux mis à disposition des forces régaliennes, il est impératif de changer de paradigme.
A l’heure où l’on débat sur l’expression de « mexicanisation » de la France, chaque jour qui passe nous en rapproche un peu plus et nous démontre que les méthodes utilisées par les cartels Sud-Américains et Mexicains se développent sur l’ensemble de notre territoire (corruption, enlèvements, assassinats, « barbecue », tortures, guerres de territoire…)
Comment espérer lutter, en l’état, contre ce fléau et ces réseaux criminels organisés, armés, dangereux, prêts à tuer, lorsque la législation actuelle ne permet pas aux agents des forces de sécurité de combattre efficacement et à « armes égales » ces criminels qui ont déclaré une guerre à notre pays, risquant à leur tour d’être vilipendés, poursuivis en justice, mis en accusation ou suspectés…
Ainsi, pour espérer lutter contre ces nouvelles formes de criminalité, il est nécessaire de se doter d’une police forte, mieux formée, professionnelle, constituée de policiers de métiers, de carrière et d’experts.
Nous alertons une nouvelle fois sur les risques que prennent quotidiennement les policiers, les gendarmes et autres agents, pour tenter de contenir cette criminalité et sa propagation malgré le manque d’effectifs, le sous-équipement, mais aussi un arsenal juridique bien plus profitable aux voyous et aux criminels qu’aux policiers et aux enquêteurs, à l’image de l’aide juridictionnelle (financée par le contribuable) systématiquement apportée aux criminels et trafiquants, alors que les policiers rencontrent, eux, les plus grandes difficultés à bénéficier de la protection fonctionnelle, dispositif permettant la prise en charge par l’administration des frais de la défense des agents devant la justice.
Il est illusoire si rien n’est fait, d’espérer que des policiers puissent assurer la sécurité des citoyens, mais aussi des magistrats, aujourd’hui des surveillants pénitentiaires alors qu’eux-mêmes sont menacés, agressés et démunis face à la barbarie, aux guet-apens et pièges tendus comme ce fût le cas pour les policiers municipaux attaqués à Saint-Denis immédiatement discrédités et mis en accusation par le parquet de Bobigny.
Nous craignons en l’état actuel que la digue cède si la défiance des Institutions, des politiques, perdure à l’égard des forces de sécurité alors qu’elles devraient être au contraire mieux accompagnées, mieux protégées physiquement et juridiquement.
La présomption de culpabilité ne doit plus être à l’encontre des policiers, des gendarmes, ni même des agents de l’OFB tout récemment discrédités à leur tour, mais uniquement à l’égard des délinquants, des voyous, des multirécidivistes, des criminels, des fraudeurs, des agresseurs et de leurs complices…
Dimanche dernier Frédéric L, CRS de 49 ans affecté à la CRS 39, marié, père de deux enfants s’est suicidé à son domicile.
Les raisons de son geste sont encore inconnues, quel que soit le résultat de l’enquête nous ne pouvons écarter l’impact qu’a le métier de policier sur l’état psychologique des agents, sur leur vie personnelle et familiale. Toujours davantage sollicités, faisant face à l’ultra violence, au manque de reconnaissance, régulièrement mis en accusation, abandonnés ou peu soutenus en interne, pression hiérarchique pesante, politique du chiffre, perte de sens au travail ; Exerçant le plus souvent dans de mauvaises conditions, exposés au stress permanent et mal accompagnés durant leur carrière… Comment ne pas sombrer dans ce mal-être?
Depuis le début de l’année 2025, ce ne sont pas moins de 8 suicides de Policiers Nationaux. Nous n’oublions pas aussi nos collègues Gendarmes victimes également de ce mal-être, tout comme nos collègues Policiers Municipaux de plus en plus touchés, à l’image de Diego D, Policier Municipal à TOULON qui s’est aussi donné la mort jeudi dernier.
« Les mêmes causes produisant les mêmes effets… »
Nos pensées vont particulièrement à leurs enfants, à leurs conjoints et à leurs proches.
Après avoir expérimenté la semaine de quatre jours dans une dizaine de services judiciaires et d’investigations à travers la France, c’est au tour de Roubaix de se voir supprimer ce cycle de travail.
Sans concertation aucune avec les enquêteurs concernés, pourtant en grande majorité satisfaits par ce cycle, sans concertation avec les représentants du personnel, l’administration, à la suite d’un rapport émis par l’IGPN a décidé de mettre fin prématurément à l’expérimentation, alors que l’état des troupes en investigation était déjà au plus bas ces dernières années, et pour cause:
Manque d’effectif criant dû au manque d’attractivité.
Surcharge de travail insoutenable.
Logiciels inopérants et obsolètes.
Promiscuité dans les locaux
Lourdeur procédurale et administrative.
Perte de sens du travail, quantité au détriment de la qualité.
Il ne suffisait plus qu’à mettre le coup de grâce pour définitivement saper le moral des enquêteurs et dissuader quiconque de vouloir à son tour crouler sous les procédures.
Aujourd’hui, les services de police et particulièrement les services judiciaires paient l’augmentation des crimes et délits longtemps niés, mais aussi « la politique du parapluie » et la judiciarisation systématique menée depuis des années et imposée aux agents. Cela ne laisse plus la place au libre arbitre des agents qui ne peuvent plus apprécier l’opportunité ou pas d’une prise de plainte; A cela vient s’ajouter les plaintes en ligne que les enquêteurs doivent traiter, même si in fine, malgré l’attente des victimes, grand nombre d’entre elles seront classées ou feront l’objet de l’apurement des stocks (mesure mise en place par le précédent garde des sceaux qui consiste en l’abandon et la destruction des procédures non jugées), faisant fi de l’énergie déployée par les agents et des nombreuses heures consacrées.
Comment espérer susciter encore des vocations pour l’investigation quand rien n’est réuni pour rendre les services judiciaires attractifs???
C’est avec tristesse et désolation que nous avons appris la mort de deux de nos collègues exerçant dans les Yvelines, le premier âgé de 37 ans, père de deux enfants et le deuxième âgé de 27 ans en couple. Une enquête doit déterminer les causes des décès bien que la piste du suicide soit privilégiée.
Il est évident que le suicide est un fléau qui encore aujourd’hui n’est pas traité à la hauteur des dégâts qu’il cause dans notre profession, en effet malgré les numéros verts mis à disposition et les mesurettes annoncées et mises en place au compte goutte durant ces dernières années, cela s’avère insuffisant; les causes profondes ne sont pas traitées, les agents détectés ou signalés en souffrance sont mal accompagnés, les traumatismes subis dans l’exercice du métier sont niés et négligés, les pressions hiérarchiques dénoncées régulièrement par les représentants du personnel sont tabous ainsi que les objectifs inatteignables fixés, balayés. Le stress généré, répété au fil des interventions est dévastateur et ne fait l’objet d’aucun suivi ni debrief, les agents ne bénéficient encore à ce jour d’aucune formation sur la gestion du stress. Comment les agents pourraient ne pas ressentir un malaise profond alors qu’ils sont trainés dans la boue, discrédités et désavoués quasi-quotidiennement, lorsque la perte de sens du métier les gagne, que les conditions de travail, tant au niveau des moyens humains que matériels, sont insuffisantes et qu’ils exercent chaque jour dans des locaux insalubres et indignes.
Comment peut-on encore nier l’impact de notre métier sur le psyché des agents et dans leur vie privée et omettre le lien généré par le stress avec des dépressions et le nombre de suicide dans notre profession.
Si les causes de la mort de nos deux collègues s’avéraient être des suicides, le décompte macabre dans la police serait de 6 depuis le début de l’année.
Nos pensées vont à leurs familles, leurs proches, leurs collègues …
Dès le premier jour nous avons fait part de notre solidarité auprès de notre collègue Florian, policier exemplaire, qui, dans le cadre de ses missions de sécurité du quotidien, a estimé devoir faire usage de son arme pour sauver sa vie mais aussi celle des éventuelles victimes qu’aurait pu causer ce délinquant à bord d’un bolide lancé à toute allure s’il avait repris sa course folle sans l’intervention des policiers mis en cause aujourd’hui.
Une fois encore, nous dénonçons le statut juridique qui met sur le même plan d’égalité le tueur de la petite Philippine et nos collègues policiers faisant usage de leurs armes pour sauver la vie d’innocents ou la leur en les désignant comme des meurtriers.
Comment espérer que des policiers et gendarmes continuent à exercer leur métier sereinement alors que, à coup sûr, leur sort est réglé dès le premier jour sans même bénéficier de la présomption d’innocence et ce afin de satisfaire l’opinion publique espérant ainsi éviter des émeutes.
Malgré des révélations et une enquête journalistique moins lapidaire à l’égard des deux motocyclistes mis en cause, il semblerait qu’il soit préférable de les sacrifier de manière à acheter « la paix sociale ».
Il fût un temps où la police était respectée et où les motards étaient désignés comme « les anges de la route », les temps ont changé, les valeurs aussi !!!
Aujourd’hui l’ange désigné est celui qui refuse un contrôle de police et met en danger de mort d’autres usagers…
Total soutien, solidarité et affection à nos collègues et à leurs familles qui vivent un enfer.
Une condamnation exemplaire comme nous espérerions qu’il en soit ainsi aussi lorsque les policiers, les gendarmes ou leurs familles sont menacés.
Malheureusement nous déplorons que ces menaces de représailles, de mort à l’encontre des personnels des forces de sécurité ne fassent l’objet trop souvent que de sanctions contraventionnelles ou de sursis, lorsqu’elles ne sont pas tout simplement classées sans suite.
Le fait est que même lorsque la vie des agents est mise en péril la condamnation est RIDICULE, alors que dire lorsqu’il s’agit de « quelques » menaces?
Schiltigheim : Quatre mois de sursis et 150€ d’amende pour avoir percuté un policier lors d’un refus d’obtempérer
Un adolescent de 17 ans a été condamné à quatre mois de prison avec sursis et 150 euros d’amende après avoir percuté un policier municipal à Schiltigheim (Bas-Rhin) en avril dernier. Une décision qui a provoqué la colère d’un syndicat de policiers.
Un policier municipal avait été percuté à Schiltigheim en avril dernier. (captures écran vidéo)
En avril dernier, un adolescent de 17 ans circulant à motocross avait refusé d’obtempérer et percuté un policier municipal à Schiltigheim, dans la banlieue de Strasbourg (Bas-Rhin). Une scène qui avait été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Jugé ce lundi, le mis en cause a écopé d’une peine de quatre mois de prison avec sursis pour blessures involontaires et d’une amende de 150 euros pour le refus d’obtempérer.
Nous réclamons que des sanctions pénales soient appliquées avec la même sévérité aux auteurs qui s’en prennent aux forces de l’ordre.