Le siège de la police judiciaire de Paris endeuillé.

Samedi 5 juillet, une policière âgée de 35 ans s’est donnée la mort sur son lieu de travail. Cette Capitaine de police, appréciée de tous selon ses collègues, a été retrouvée sans vie dans la salle de sport après avoir retourné son arme administrative contre elle. Exerçant auparavant à la brigade de protection des mineurs, elle était affectée à la brigade criminelle depuis janvier dernier. Nos plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches.

Ainsi, comme le mois dernier à Levallois-Perret au siège de la DGSI et les mois précédents, notre jeune collègue vient remplir le rang des policiers qui seront passés à l’acte, faute d’anticipation, d’accompagnement et d’attention tout au long de leur carrière.

L’exercice de ces métiers où l’on côtoie directement l’ignoble, le sordide, l’inacceptable, peut parfois engendrer certains troubles chez des agents, auxquels viennent s’ajouter des sollicitations permanentes, une surcharge de travail avec une augmentation des missions mais aussi des conditions de travail dégradées. A cela s’est ajouté de manière insidieuse et sournoise un phénomène destructeur à long terme, décomplexé durant ces dernières années. Il se traduit à travers des pressions, parfois des menaces, des brimades ou des sanctions déguisées, exercées sur des agents, par des membres qui composent la chaîne hiérarchique (demande de rapport systématisé, culpabilisation des agents, changement de service d’office, mise en concurrence entre les agents, non respect des règles qui régissent la promotion au sein des administrations, etc.) en plus du déni des difficultés rencontrées au quotidien par les personnels (manque d’effectif, conditions de travail dégradées, locaux insalubres, manque de considération…). L’ensemble de ces facteurs sont aggravants et favorisent le stress vécu par les agents, les burn-out et les dépressions, particulièrement lorsqu’on y additionne un management inapproprié, agressif et toxique, désigné trop souvent par les autorités, quand cela est dénoncé, comme étant « à l’ancienne » ou encore « un peu à la dure ».

Comment ne pas s’interroger davantage sur le nombre de suicides quasi constant dans notre profession et leurs causes. Années après années, ce fléau touche principalement les agents du corps des CEA (qui subissent l’ensemble des difficultés, extérieures et intérieures, de notre métier) mais aussi parfois celui des Officiers, à l’image de notre jeune collègue samedi dernier ou encore d’Elisabeth GABET, Capitaine de police à Montpellier, dont personne n’a oublié les circonstances de son suicide en 2019, et dont tout un chacun, lui reconnaissait son professionnalisme, ses compétences, sa gentillesse et sa bienveillance, à l’exception de son chef de service et de son Directeur.

Il est urgent que des mesures soient véritablement prises autres que :

  • La e-formation concernant les risques de suicides dans la police, faite par les agents au « forceps » et sous la contrainte (en plus de leur travail ou durant leur temps de pause repas),
  • Les seuls 120 psychologues SSPO répartis sur l’ensemble du territoire (DOM-TOM compris) dont les recommandations ne sont pas respectées et le travail n’est pas pris en considération au sein des DIPN,
  • Les sentinelles, malheureusement trop souvent désignées par les chefs de service tout comme les responsables SSCT en charge de veiller aux bonnes conditions de travail.

Aussi, nous réclamons une enquête parlementaire au sujet du suicide dans la police, du harcèlement (sous toutes ses formes) et des méthodes de management utilisées ainsi que des conditions de travail. Selon nous, ce sont les quatre grands axes sur lesquels il est possible d’agir en interne pour proposer des améliorations sur la qualité de vie au travail, inexistante actuellement dans l’immense majorité des services.

Vendredi 16 mai, le Gendarme percuté par un « cross » risque l’amputation, une semaine auparavant c’était Niccolo pompier à Evian qui était percuté et laissé pour mort.

A Neuve-Maisons, vendredi dernier, un fuyard à motocross, multirécidiviste de surcroit décidait de prendre la fuite en refusant à plusieurs reprises d’obtempérer aux forces de sécurité, prenant pour ce faire tous les risques.

Sofiane G, âgé de 20 ans n’a pas hésité à foncer volontairement et délibérément sur un jeune gendarme de 24 ans, à le percuter violemment au point de gravement le blesser à la jambe.

Ce jeune gendarme risque aujourd’hui l’amputation de sa jambe ; Tout comme Niccolo Scardi pompier volontaire à Evian risquait de perdre la vie le 10 mai 2025, car ils ont tous deux eu le malheur de croiser le chemin de ces crapules, Sofiane et Charly, pour lesquels la vie d’honnêtes gens, n’a pas de valeur, qui plus est lorsqu’ils portent un uniforme ou représentent le bien.

Nous n’avons que faire de leurs excuses insincères soufflées en audition puis en audience par leurs avocats espérant ainsi attirer la compassion et le soutien de certains, nous n’avons que faire de leur réhabilitation, nous voulons uniquement que la société soit protégée de ces criminels le plus longtemps possible, sachant que la tentative d’homicide est punie de 30 ans de réclusion criminelle selon l’Article 221-1 du Code Pénal.

Nous voulons, comme la majorité de la population l’exige, que des peines fermes, maximales, soient appliquées à l’encontre de ces bourreaux qui pourrissent la vie des honnêtes gens, qui pensent avoir droit de vie et de mort sur quiconque et attentent volontairement à la vie d’autrui.

Courage à ce jeune gendarme dévoué et aux pompiers, dont Niccolo, auxquels nous devons tant, courage à leurs familles dont la vie est à jamais bouleversée.

9ème suicide dans la police.

Yvan T, policier affecté au commissariat de Nice s’est donné la mort mercredi matin en se rendant sur son lieu de travail. Agé de 52 ans, marié et père de famille, très apprécié de ses collègues policiers mais aussi de ses camarades sapeurs pompiers à Peille avec lesquels il officiait comme Chef de Centre.

C’est un homme d’une grande valeur qui s’en est allé.

Nos pensées vont particulièrement vers son épouse, ses enfants et ses proches.

Suicides, dépressions, burn-out, mal-être, sont des maux particulièrement répandus dans la police qui encore aujourd’hui ne sont pas suffisamment pris en compte et dont les causes sont trop souvent tues.