
C’est avec tristesse et désolation que nous avons appris la mort de deux de nos collègues exerçant dans les Yvelines, le premier âgé de 37 ans, père de deux enfants et le deuxième âgé de 27 ans en couple. Une enquête doit déterminer les causes des décès bien que la piste du suicide soit privilégiée.
Il est évident que le suicide est un fléau qui encore aujourd’hui n’est pas traité à la hauteur des dégâts qu’il cause dans notre profession, en effet malgré les numéros verts mis à disposition et les mesurettes annoncées et mises en place au compte goutte durant ces dernières années, cela s’avère insuffisant; les causes profondes ne sont pas traitées, les agents détectés ou signalés en souffrance sont mal accompagnés, les traumatismes subis dans l’exercice du métier sont niés et négligés, les pressions hiérarchiques dénoncées régulièrement par les représentants du personnel sont tabous ainsi que les objectifs inatteignables fixés, balayés. Le stress généré, répété au fil des interventions est dévastateur et ne fait l’objet d’aucun suivi ni debrief, les agents ne bénéficient encore à ce jour d’aucune formation sur la gestion du stress. Comment les agents pourraient ne pas ressentir un malaise profond alors qu’ils sont trainés dans la boue, discrédités et désavoués quasi-quotidiennement, lorsque la perte de sens du métier les gagne, que les conditions de travail, tant au niveau des moyens humains que matériels, sont insuffisantes et qu’ils exercent chaque jour dans des locaux insalubres et indignes.
Comment peut-on encore nier l’impact de notre métier sur le psyché des agents et dans leur vie privée et omettre le lien généré par le stress avec des dépressions et le nombre de suicide dans notre profession.
Si les causes de la mort de nos deux collègues s’avéraient être des suicides, le décompte macabre dans la police serait de 6 depuis le début de l’année.
Nos pensées vont à leurs familles, leurs proches, leurs collègues …











