



Après avoir expérimenté la semaine de quatre jours dans une dizaine de services judiciaires et d’investigations à travers la France, c’est au tour de Roubaix de se voir supprimer ce cycle de travail.
Sans concertation aucune avec les enquêteurs concernés, pourtant en grande majorité satisfaits par ce cycle, sans concertation avec les représentants du personnel, l’administration, à la suite d’un rapport émis par l’IGPN a décidé de mettre fin prématurément à l’expérimentation, alors que l’état des troupes en investigation était déjà au plus bas ces dernières années, et pour cause:
Aujourd’hui, les services de police et particulièrement les services judiciaires paient l’augmentation des crimes et délits longtemps niés, mais aussi « la politique du parapluie » et la judiciarisation systématique menée depuis des années et imposée aux agents. Cela ne laisse plus la place au libre arbitre des agents qui ne peuvent plus apprécier l’opportunité ou pas d’une prise de plainte; A cela vient s’ajouter les plaintes en ligne que les enquêteurs doivent traiter, même si in fine, malgré l’attente des victimes, grand nombre d’entre elles seront classées ou feront l’objet de l’apurement des stocks (mesure mise en place par le précédent garde des sceaux qui consiste en l’abandon et la destruction des procédures non jugées), faisant fi de l’énergie déployée par les agents et des nombreuses heures consacrées.

Il est évident que le suicide est un fléau qui encore aujourd’hui n’est pas traité à la hauteur des dégâts qu’il cause dans notre profession, en effet malgré les numéros verts mis à disposition et les mesurettes annoncées et mises en place au compte goutte durant ces dernières années, cela s’avère insuffisant; les causes profondes ne sont pas traitées, les agents détectés ou signalés en souffrance sont mal accompagnés, les traumatismes subis dans l’exercice du métier sont niés et négligés, les pressions hiérarchiques dénoncées régulièrement par les représentants du personnel sont tabous ainsi que les objectifs inatteignables fixés, balayés. Le stress généré, répété au fil des interventions est dévastateur et ne fait l’objet d’aucun suivi ni debrief, les agents ne bénéficient encore à ce jour d’aucune formation sur la gestion du stress. Comment les agents pourraient ne pas ressentir un malaise profond alors qu’ils sont trainés dans la boue, discrédités et désavoués quasi-quotidiennement, lorsque la perte de sens du métier les gagne, que les conditions de travail, tant au niveau des moyens humains que matériels, sont insuffisantes et qu’ils exercent chaque jour dans des locaux insalubres et indignes.
Comment peut-on encore nier l’impact de notre métier sur le psyché des agents et dans leur vie privée et omettre le lien généré par le stress avec des dépressions et le nombre de suicide dans notre profession.
Si les causes de la mort de nos deux collègues s’avéraient être des suicides, le décompte macabre dans la police serait de 6 depuis le début de l’année.
Nos pensées vont à leurs familles, leurs proches, leurs collègues …



Une condamnation exemplaire comme nous espérerions qu’il en soit ainsi aussi lorsque les policiers, les gendarmes ou leurs familles sont menacés.
Malheureusement nous déplorons que ces menaces de représailles, de mort à l’encontre des personnels des forces de sécurité ne fassent l’objet trop souvent que de sanctions contraventionnelles ou de sursis, lorsqu’elles ne sont pas tout simplement classées sans suite.
Le fait est que même lorsque la vie des agents est mise en péril la condamnation est RIDICULE, alors que dire lorsqu’il s’agit de « quelques » menaces?
Un adolescent de 17 ans a été condamné à quatre mois de prison avec sursis et 150 euros d’amende après avoir percuté un policier municipal à Schiltigheim (Bas-Rhin) en avril dernier. Une décision qui a provoqué la colère d’un syndicat de policiers.

En avril dernier, un adolescent de 17 ans circulant à motocross avait refusé d’obtempérer et percuté un policier municipal à Schiltigheim, dans la banlieue de Strasbourg (Bas-Rhin). Une scène qui avait été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux. Jugé ce lundi, le mis en cause a écopé d’une peine de quatre mois de prison avec sursis pour blessures involontaires et d’une amende de 150 euros pour le refus d’obtempérer.


Assez de ces déclarations, de ces discours devenus insupportables devant les corps mutilés de nos camarades, les corps froids de nos amis, disparus parce qu’un meurtrier en a décidé ainsi en ne s’arrêtant pas et fonçant délibérément sur un policier, un gendarme, un douanier.
Face à l’hécatombe, les discours ne suffisent plus, il faut des actes forts.
Comment peut-on prétendre faire la guerre au narcotrafic, éradiquer le crime organisé lorsque les agents des forces de sécurité n’osent plus faire usage de leurs armes (au risque d’être poursuivis pour homicide volontaire et finir en prison), alors même que leur vie, leur intégrité physique est menacée face à des criminels prêts à tout pour fuir, utilisant des armes ou leur véhicule comme tel. Ceux-ci en revanche, ne sont poursuivis, trop souvent, que pour homicides involontaires ou encore violences ayant entrainé la mort sans intention de la donner ou simplement pour des violences sur PDAP comme par exemple lorsqu’un policier municipal est fauché par une moto cross à Shiltigheim.
Il est indispensable que le législateur s’empare de ce fait devenu « la norme » qui considère qu’un agent faisant usage de son arme dans pareille circonstance est « un criminel ». C’est pour cela que nous ne cessons d’exiger un cadre légal spécifique, plus protecteur que la légitime défense et l’article L 435-1 du CSI, qui mettrait à l’abri de poursuites pénales criminelles, un agent des forces de sécurité qui dans le cadre de sa fonction, en mission, ferait usage de son arme dès lors que sa vie serait en péril ou son intégrité physique gravement menacée étant entendu que l’enquête déterminerait toujours, à l’issue, la pertinence de l’usage de l’arme ou de la force.
La peur doit changer de côté et ne doit plus être seulement du côté des forces de l’ordre.
Nous souhaitons un prompt rétablissement à notre collègue gendarme.

