Syndicat de police. Ministère de l'Intérieur. Quatrième puissance syndicale du ministère de l'Intérieur et première force d'opposition de la police nationale !
C’est avec une immense stupeur que nous apprenons, une nouvelle fois, le suicide de l’un des nôtres. Ce matin, à Nantes, un major de police a mis fin à ses jours dans les vestiaires du commissariat, avec son arme de service. Âgé de 51 ans, marié et père de trois enfants, il semblait, selon des sources proches, « ne pas aller bien depuis plusieurs mois ». Une enquête sera diligentée afin de faire toute la lumière sur les raisons de ce suicide.
Nos pensées vont naturellement à sa famille, à ses proches et à ses amis. Nous leur adressons nos sincères condoléances dans cette épreuve douloureuse.
Depuis le début de l’année, au moins huit suicides ont déjà frappé la police.
Chaque situation est différente, et nous ne faisons aucun lien direct entre le suicide de ce policier et le sujet que nous abordons ensuite. Mais une réalité s’impose : de plus en plus d’agents, en particulier des policiers, nous disent qu’ils vont mal. Derrière ces souffrances, il y a des causes personnelles, bien sûr, mais aussi des causes professionnelles, souvent étroitement mêlées.
Ce que ces agents nous décrivent est grave. Ils évoquent des difficultés profondes, rarement réglées, au sein même de l’institution. Des difficultés pourtant signalées, relayées, dénoncées par les représentants du personnel. Puis vient le moment où certains s’effondrent. Et là commence, pour eux, une véritable descente aux enfers : absence d’accompagnement malgré les consignes répétées de la direction générale de la police nationale ; convocations à répétition devant la médecine statutaire pendant des arrêts en « CMO », notamment en cas de burn-out ou de dépression ; pressions pour reprendre au plus vite, alors même que l’agent reste fragile, parfois encore sous traitement, et que le médecin spécialiste estime que la guérison n’est pas acquise. À cela s’ajoutent des témoignages accablants : mise à l’écart, isolement, placardisation, voire ostracisme après des consignes verbales. Pour beaucoup, non seulement la souffrance n’est pas prise en charge, mais elle est aggravée.
Le constat est sans appel : malgré les directives du ministère de l’Intérieur sur la prévention du suicide dans la police, leur application reste trop souvent insuffisante dans les directions départementales, les services locaux et les différents services. Oui, les réunions se tiennent. Oui, les affichages sont en place. Oui, les sentinelles sont « briffées » et les signalements sont parfois effectués. Mais après, comment cela se concrétise dans les faits ? Que dire du management ; de l’écoute, de l’empathie, de la confiance et du respect, de l’encouragement ? Des valeurs aujourd’hui disparues dans le discours et dans les actes.
Nous réclamons que la question du suicide dans la police soit érigée en cause nationale. C’est à cette condition que pourront être pleinement abordées les causes profondes de ce mal-être : des conditions de travail inadaptées, un management défaillant, la paupérisation des agents des catégories B et C, le traitement médiatique, les accusations politiques visant les personnels, ainsi que les répercussions de cette stigmatisation sur leur place et leur image dans la société.