Syndicat de police. Ministère de l'Intérieur. Quatrième puissance syndicale du ministère de l'Intérieur et première force d'opposition de la police nationale !
Lors des « célébrations » de la victoire du PSG, 23 policiers ont été blessés. Ce chiffre illustre la gravité des événements qui accompagnent désormais chaque rassemblement ou manifestation nationale en France. Il apparaît que de telles occasions sont systématiquement détournées par des délinquants, qui perturbent la vie des citoyens honnêtes, transformant ce qui devrait être des moments festifs ou revendicatifs en scènes de pillages, dégradations et vols. Les attaques contre les forces de l’ordre deviennent une constante, créant une situation devenue habituelle et pourtant intolérable.
Outre les blessures infligées aux policiers, les dégâts matériels sont importants : véhicules administratifs et de particuliers détruits, mobilier urbain dégradé. Le coût de ces dégradations est supporté par les citoyens, qui se voient contraints de payer davantage, sans bénéficier de la sécurité à laquelle ils ont droit.
Face à cette situation, la fermeté s’impose comme la règle. Les policiers s’efforcent d’appliquer cette fermeté, mais il est essentiel que la justice prenne également les mesures nécessaires. Les délinquants doivent être tenus responsables de leurs actes, tout comme les parents des mineurs impliqués dans des délits.
Alors qu’une partie de la société consent à des efforts financiers et que les policiers exercent dans des conditions souvent dégradées — subissant des réductions de leurs acquis sociaux, un manque de moyens matériels et une pénurie d’effectifs — d’autres défient ouvertement la République et fragilisent le vivre-ensemble en quasi-impunité.
Le 24 avril dernier, le conducteur d’une Twingo, non porteur de la ceinture de sécurité, refuse d’obtempérer lors d’un contrôle de la gendarmerie. Poursuivi sur environ 6 km entre La Brillanne et Forcalquier par deux gendarmes motocyclistes, il percute délibérément, avec détermination, un premier militaire puis un second, les blessant tous les deux, ainsi qu’une passante se trouvant à proximité. Interpellé, l’individu, âgé de 38 ans et chauffeur de bus de métier, déclare : « Ils n’avaient pas à me poursuivre et, si je devais le refaire, je le referais. ». Il n’exprime aucun remords ni regret et ne présente aucune excuse à l’audience.
Placé en garde à vue, il est présenté en comparution immédiate quatre jours plus tard. À l’audience, le parquet requiert sept années d’emprisonnement ferme, avec maintien en détention.
Le chauffard, dont l’examen médical réalisé en garde à vue conclut à une altération du discernement, bénéficie de la clémence du tribunal.
Le jugement rendu le 28 avril au soir par le tribunal de Digne-les-Bains est, selon nous, incompréhensible : cinq ans de prison, dont quatre assortis d’un sursis probatoire, avec obligations de soins et de travail, et renvoi sur intérêts civils.
Ainsi, cet individu, jugé dangereux et ayant voulu tuer deux gendarmes, ne passe pas un seul jour en prison et ne fait l’objet d’aucune hospitalisation d’office. À l’issue du jugement, les gendarmes, qui en attendaient beaucoup, ont été surpris et très déçus, tandis que l’auteur des faits et, plus particulièrement, sa famille ont explosé de joie, sans retenue, après un verdict très favorable au prévenu. Depuis sa sortie du tribunal de Digne-les-Bains, laissé libre, il est susceptible de recommencer, et ce malgré la décision récente du législateur de durcir les sanctions à l’encontre des auteurs de refus d’obtempérer. Or ce phénomène constitue un véritable fléau, à l’origine de drames humains, avec des faits recensés toutes les 20 minutes en France.
Nous craignons que ce type de décisions ne fasse que renforcer le sentiment d’impunité chez les délinquants de la route et ne participe à l’explosion de ces comportements criminels.
Nous exprimons notre plein et entier soutien à nos collègues, intervenus dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 avril aux Mureaux dans les Yvelines en appui des sapeurs-pompiers. Pris pour cible par une centaine d’individus, ils ont été victimes d’un guet-apens au cours duquel trois policiers de la BAC ont été blessés, dont l’un grièvement. Le conducteur, retrouvé inanimé après avoir reçu au visage un pavé lancé par un individu, souffre à ce jour d’un traumatisme facial grave ainsi que d’une fracture du nez, nécessitant une reconstruction. La CRS 8, dépêchée en renfort, est parvenue à rétablir l’ordre. Nous ne pouvons accepter que de telles attaques contre les forces de l’ordre se reproduisent jour après jour sans que le législateur et nos dirigeants ne prennent les mesures nécessaires, notamment par l’instauration de peines d’une extrême fermeté, l’application de peines minimales et la suppression des atténuations ou réductions de peine en de telles circonstances. Les policiers méritent une considération accrue, alors même que ces actes se multiplient dans un silence assourdissant.
C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de Philippe, policier à Angers, survenu dimanche dernier.
En ces circonstances douloureuses, nous adressons à sa famille, à ses proches et à l’ensemble de ses collègues l’expression de nos plus sincères condoléances et de notre soutien.
Nous voulons saluer l’engagement de Philippe au service des autres, ainsi que le dévouement de celles et ceux qui, chaque jour, exercent ce métier exigeant. Face à une telle épreuve, la solidarité et la présence de chacun comptent plus que jamais.
Nos pensées accompagnent tout particulièrement son jeune fils, à qui nous souhaitons, ainsi qu’à sa famille, de trouver la force et l’appui nécessaires pour traverser ce deuil.
Ce drame s’inscrit dans une série qui nous alarme tous : depuis le début de l’année 2026, il est fait état d’au moins sept suicides dans la police et six dans la gendarmerie. Le dernier en date concerne le major Didier Boissel, 55 ans, commandant dans le Maine-et-Loire. Au-delà des chiffres, ce sont des femmes et des hommes, des familles, des enfants, des collègues, que ces disparitions laissent endeuillés.
Les métiers de policier et de gendarme exposent, jour après jour, à des situations éprouvantes : violences, détresse humaine, accidents, scènes traumatisantes, confrontations répétées à la mort, pression opérationnelle, horaires difficiles, surcharge et parfois isolement. À cela peuvent s’ajouter un sentiment de manque de reconnaissance, des tensions avec le public, et la difficulté à demander de l’aide dans des institutions où l’on attend souvent de « tenir » sans faillir.
Puissions-nous, collectivement, mieux entendre cette souffrance, renforcer la prévention et l’accompagnement.
Ce week-end à Brest, trois de nos collègues policiers ont été grièvement blessés à l’arme blanche. Une fois encore, ce sont des femmes et des hommes en uniforme qui ont payé le prix fort, agressés par un individu alcoolisé, accompagné d’un second homme.
Dans la nuit de vendredi à samedi, un individu armé d’un couteau menaçait les clients d’un café. À l’arrivée des forces de l’ordre, il prenait la fuite en direction d’un secteur très fréquenté, au cœur d’une foule nombreuse, dans le bas de la rue de Siam. L’individu, particulièrement agité et déterminé, faisait face aux policiers en brandissant son arme et en les menaçant directement avant de courir vers eux. Malgré l’usage de gaz lacrymogène pour tenter de le neutraliser, celui-ci parvenait à poursuivre sa fuite.
Quelques instants plus tard, lors de son interpellation, l’agresseur portait plusieurs coups de couteau. L’un de nos collègues était grièvement blessé, à quelques centimètres d’une artère vitale. Un second policier était touché au visage, tandis qu’un troisième était blessé plus légèrement. Les deux individus mis en cause, ressortissants afghans, ont été placés en garde à vue. Une enquête est en cours.
Ces faits dramatiques illustrent, une fois de plus, l’impasse dans laquelle sont placés les policiers et les gendarmes par un cadre légal inadapté. La légitime défense, le Code de la sécurité intérieure, sont trop flous, trop restrictifs et trop souvent interprétés a posteriori par des magistrats éloignés de la réalité du terrain. Ce flou juridique met directement en danger celles et ceux qui assurent la sécurité de nos concitoyens.
Face à un danger imminent, les agents se retrouvent confrontés à un choix impossible : neutraliser un individu armé, déterminé et dangereux, au risque de voir leur action remise en cause judiciairement, ou hésiter, reculer, et mettre en péril leur propre vie ainsi que celle des passants. Cette situation est inacceptable.
Notre position est sans ambiguïté : toute vie est précieuse et doit être protégée. Mais la vie d’un policier ou d’un gendarme ne vaut pas moins que celle d’un individu qui menace gravement leur intégrité physique ou celle de personnes innocentes. Lorsqu’un agent fait face à un individu armé d’un couteau, d’une arme à feu ou utilisant un véhicule comme arme, il doit pouvoir agir sans craindre, après coup, d’être traité comme un suspect.
Au même titre que pour les refus d’obtempérer, il est urgent de revoir le cadre légal de l’usage de la force. Les forces de l’ordre ont besoin de règles claires, protectrices et adaptées à la violence du terrain. Il en va de leur sécurité, de leur engagement et, au final, de la sécurité de l’ensemble de la population.
« Chaque année, ce sont des dizaines de milliers de policiers et de gendarmes qui sont blessés en service.
En 2023, plus de 15 000 policiers ont été blessés, dont plus de 5 400 lors d’agressions violentes, et près de 3 000 gendarmes ont été blessés par des violences physiques. En 2024, ce chiffre atteint un niveau inédit avec 10 000 gendarmes blessés, dont plus de la moitié en mission. Derrière ces chiffres, ce sont des femmes et des hommes marqués à vie, mutilés, parfois handicapés, pendant que l’État continue d’exposer ses forces de l’ordre à une violence croissante sans cadre juridique réellement protecteur. »